mar. Sep 22nd, 2020

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11ème édition de la diffusion par la BCEAO  des comptes extérieurs du Mali: 101,5 milliards de FCFA de déficit de la Balance commerciale enregistré en 2017

11ème édition de la diffusion par la BCEAO des comptes extérieurs du Mali 101,5 milliards de FCFA de déficit de la Balance commerciale enregistré en 2017

La Direction nationale de la BCEAO pour le Mali a organisé hier, jeudi 21 février, à l’hôtel Radisson, sa traditionnelle journée annelle de diffusion des comptes extérieurs du Mali pour l’année 2017. L’édition de cette année était placée sous le thème  » La vulnérabilité du pays face à la hausse des cours des produits pétroliers « .  Il ressort des données que le déficit courant continue de se détériorer et se chiffre à 7,9% du PIB en 2017, soit 101,5 milliards de FCFA contre 7,2% du PIB en 2016. La Direction nationale de la BECEAO a formulé trois recommandations clés nécessaires pour l’amélioration de la balance commerciale.

ls étaient cadres de banques, du ministère de l’Economie et des finances, du secteur privé à répondre, une fois de plus, à l’invitation de la Direction nationale de la BCEAO, sous la présidence du ministre de l’Economie et des finances, pour prendre part à la diffusion des comptes extérieurs de notre pays. Une journée qui permet aux décideurs politiques et aux acteurs du secteur privé de s’approprier la balance des comptes.

Occasion pour le directeur national de la BCEAO, Konzo Traoré, de rappeler que c’est la Banque centrale, conformément aux dispositions du traité constitutif de l’UEMOA, qui  est chargée de l’élaboration des comptes extérieurs de chaque pays membre. Pour cela, un Comité national de la balance des paiements est institué, composé par la BCEAO et certaines structures nationales.

Les comptes extérieurs retracent les transactions entre notre pays et le reste du monde tout en renseignant sur sa capacité de faire face à ces engagements envers l’étranger.

Aux dires du Directeur national de la BCEAO, l’analyse des comptes extérieurs, au cours des dernières années, met en relief la vulnérabilité de l’économie malienne face aux chocs externes. En effet, le déficit courant continue de se détériorer. Il ressort à 7,9% du PIB en 2017 après 7,2% en 2016, du fait de la contre-performance enregistrée dans les échanges commerciaux. Ce déficit a, en partie, été résorbé par les flux de capitaux privés et publics plus importants en 2017 d’où un déficit global de la balance des paiements qui s’est contracté en s’établissant à 101,5 milliards de FCFA, après 317,8 milliards un an plus tôt.

Un déficit lié en partie aux prix des produits énergétiques

Pour Konzo Traoré, l’amélioration du solde courant requiert la mise en œuvre de trois mesures majeures : la diversification des exportations qui sont aujourd’hui concentrées autour de l’or, représentant en moyenne 65% par an ; l’accroissement de la production agricole en vue de réduire substantiellement les importations de produits alimentaires et la promotion d’entreprises évoluant dans le secteur des services qui constituent aujourd’hui l’une des principales sources du déficit courant.

Il faut préciser que pour ces données, il est procédé à des enquêtes annuelles auprès d’un échantillon de personnes physiques  ou morales tant du secteur public que privé, résidentes ou non-résidentes. Cependant, le directeur national de la BECEAO de souligner que des difficultés persistent dans la collecte de certaines données notamment les transactions des entreprises  commerciales et industrielles  qui représentent l’essentiel d es unités économiques enquêtées.

Le taux de réponse des unités enquêtées reste en deçà des attentes et cette situation est une source de préoccupation pour les membres du comité de la balance des paiements et affecte notamment la qualité des comptes extérieurs et la pertinence des analyses y afférentes.

Le représentant du ministre de l’Economie et des finances a relevé que l’analyse des comptes extérieurs éclaire les déséquilibres internes et externes notamment entre l’épargne et l’investissement.

S’il a soutenu que le déficit peut  être interprété comme un excès de demande global par rapport à l’offre globale, il a ajouté que les actions engagées, dans le cadre des programmes avec le FMI, ont pour but de mettre en œuvre des mesures d’ajustement des dépenses publiques afin de restaurer les équilibres interne et externe.

Il a précisé que le Mali subit de plein fouet les effets de la flambée des prix des produits énergétiques dont la valeur particulièrement importante à l’importation participe à la dégradation de la balance commerciale et partant du solde global des paiements extérieurs.

Youssouf CAMARA

Source: l’Indépendant