mar. Sep 22nd, 2020

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1ère session ordinaire 2019 de la Cour d’assises de Bamako: Pour « pédophilie », Mamadou Sangaré condamné à 5 ans d’emprisonnement avec 3 ans de sursis

1ère session ordinaire 2019 de la Cour d’assises de Bamako Pour "pédophilie", Mamadou Sangaré condamné à 5 ans d'emprisonnement avec 3 ans de sursis

Selon nos informations, le vendredi 21 avril 2017 à Djicoroni-Para Flabougou, en commune IV du District de Bamako, sur le chemin de retour de la prière, Mamadou Sangaré a été suivi par une horde d’enfants lui réclamant de l’aumône du vendredi (takoula). Dans cette horde, le petit garçon Luc Doumbia, âgé de huit ans.

Mamadou Sangaré a instruit aux enfants de retourner chez eux, tous ont obéi à l’exception de Luc. Arrivé au niveau du Groupe scolaire « Mamadou Lamine Diarra » de Djicoroni-Para, Mamadou entra dans l’une des toilettes, toujours suivi par Luc. Là, il prit son bras, histoire de l’immobiliser, lui enjoignit de baisser son pantalon et c’est au moment de passer à la pénétration anale qu’il sera surpris par des jeunes qui se trouvaient dans la cour de l’établissement.

Pendant qu’ils s’apprêtaient à le lyncher, le gardien de l’établissement apparaît et les en empêche. C’est ainsi que Mamadou fut mis à la disposition des éléments de la Division des Matériels Militaires de Djicoroni-para, non loin de l’endroit des faits. Ceux-ci, à leur tour, en informèrent le commissariat de police du 14ème Arrondissement. Après les enquêtes, Mamadou Sangaré sera inculpé pour des faits de « tentative de pédophilie« .

L’accusé, à la barre, a nié les faits à lui reprochés. En expliquant qu’il n’a pas commis cet acte, parce qu’il était en jeûn ce vendredi saint. A ses dires, ce sont les jeunes qui fumaient du chanvre indien dans la cour de l’école Mamadou Lamine Diarra qui ont envenimé toute cette histoire.

Après les questions de la Cour, Mamadou Sangaré finira par reconnaître les faits, en demandant sa clémence.

Dans son réquisitoire, le ministère public a demandé à la Cour la requalification des faits en « pédophilie », conformément à l’article 228 du code pénal. La procureure a argué que l’élément intentionnel est constitué dans le dossier. Car, dit-elle, n’eût été l’intervention des jeunes, Mamadou aurait commis le forfait.

La défense a plaidé coupable, en expliquant que l’accusé même l’a évoqué au cours des débats qu’il se ne porte pas bien. A l’en croire, il y a un sérieux doute sur l’état de santé de son client. « L’expertise mentale versée dans le dossier n’est pas d’un médecin spécialiste, mais plutôt d’un médecin généraliste. Si on ne fait pas attention, Mr le président, on risque de condamner des déments. C’est pourquoi, je demande le bénéfice de circonstances atténuantes pour mon client », a-t-il fait plaidé.

Aux termes des débats, la Cour a requalifié les faits de « pédophilie » comme l’a demandé le ministère public. Mais, en accordant des circonstances atténuantes à l’accusé. Ainsi, il a été condamné à cinq ans de prison dont trois ans avec sursis.

Oumar BARRY

Source: l’Indépendant