jeu. Mai 28th, 2020

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Visite des membres de l’AMDH à la Maison Centrale d’Arrêt (MCA) de Bamako Parmi 2461 pensionnaires, 252 personnes dont 2 condamnées sont détenues dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, selon l’association

Visite des membres de l'AMDH à la Maison Centrale d'Arrêt (MCA) de Bamako Parmi 2461 pensionnaires, 252 personnes dont 2 condamnées sont détenues dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, selon l'association

L’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH) a, dans le cadre de ses visites périodiques dans les lieux de privation de liberté, effectué une visite à la Maison Centrale d’Arrêt (MCA) de Bamako, le mercredi 25 septembre, pour s’enquérir davantage de l’évolution des conditions de détention et du respect des droits élémentaires (des personnes en détention.) Il ressort globalement de cette visite qu’en dépit des efforts accomplis, beaucoup reste à faire pour humaniser ce lieu de détention.

Lors du passage de l’AMDH, la MCA abritait au total 2461 détenus dont 1252 inculpés, 796 prévenus et 413 condamnés, contre une capacité d’accueil totale de 400 détenus, soit un surplus de 2061 personnes pour un taux d’occupation de 615%. Parmi les 2461 pensionnaires, 252 personnes dont 2 condamnées sont détenues dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Ces chiffres prouvent à suffisance que la capacité d’accueil de la MCA est largement dépassée. Par exemple, le seul 1er Cabinet accueille au moins 300 détenus.

Selon le communiqué de l’AMDH, ce surpeuplement met en évidence l’insuffisance des ressources humaines qui, elle-même, pose un certain nombre de problèmes non moins importants. « Si on ne tient compte que du nombre d’agents de garde par jour à la MCA, nous avons un ratio d’un Agent pénitentiaire pour 102 détenus, chiffre nettement en deçà du ratio mondial. S’agissant du respect du délai de détention, l’AMDH a constaté que les cas d’une vingtaine de personnes qui s’y trouvaient avec des mandats de dépôt expirés ont été récemment évacués » 

Quant au respect du principe d’être jugé dans un délai raisonnable, l’AMDH a constaté qu’environ 796 détenus, soit plus de 32 % du nombre total de détenus de la MCA, attendent encore leur jugement.

L’AMDH a également déploré les conditions d’hygiène caractérisées notamment par le mauvais état des sanitaires, l’état de délabrement des cellules et des bâtiments, l’insuffisance d’aération de certaines cellules, le surpeuplement des cellules.

Par ailleurs, au cours de cette visite, l’AMDH s’est, en particulier, entretenue avec de nouveaux détenus, notamment Bakary Togola, afin de s’enquérir de ses conditions de détention et du respect de ses droits élémentaires.

L’AMDH a noté que l’intéressé, à l’instar de ses codétenus dans la même affaire, est globalement satisfait de ses conditions de détention et du respect de ses droits élémentaires, notamment les droits aux visites des avocats et des proches, droit à la santé…

Au regard de tous ces constats, l’AMDH a exhorté le ministre de la Justice, des droits de l’Homme et Garde des Sceaux à accélérer le processus de délocalisation de la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako sur le nouveau site afin de désengorger les centres de détention tout en garantissant les conditions sécuritaires optimales, de veiller à l’entretien régulier des sanitaires, des cellules ainsi que du système d’évacuation des eaux usées, de prendre les mesures nécessaires afin de pallier au surpeuplement de la MCA, à travers notamment la célérité dans le traitement des dossiers des détenus et de veiller au respect strict des délais de détention et du droit d’être jugé dans un délai raisonnable.

Elle a également souhaité le respect des dispositions des « Principes des Nations Unies pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement « et des recommandations du Rapporteur spécial de la CADHP sur les prisons et les conditions de détention. Et, enfin, le déploiement de plus d’agents pénitentiaires à la Maison Centrale d’Arrêt, tout en améliorant les conditions de travail de l’administration pénitentiaire et du personnel judiciaire.

B D

Source: l’Indépendant