ven. Jan 24th, 2020

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Office du Niger  Le communicateur AmoustaphaMaïga licencié pour « abandon de poste » L’intéressé projette de saisir le tribunal du travail pour trancher

Office du Niger  - Le communicateur AmoustaphaMaïga licencié pour « abandon de poste » - L’intéressé projette de saisir le tribunal du travail pour trancher

Après plusieurs années de situation conflictuelle avec son communicateur, AlmoustaphaMaïga, devenu à la limite encombrant, la Direction générale de l’Office du Niger a décidé, enfin, de le licencier pour « abandon de poste ».  Une copie de la décision tombée lundi dernier, est parvenue à notre rédaction, en même temps que la note élaborée par la Direction relative à cette affaire et la correspondance du directeur régional du travail adressée à l’Officeconstatant l’absence de l’intéressé à ses postes (ancien et nouveau)

« Acompter de la date de signature de la présente, Monsieur Almoustapha Maïga, engagé à l’Office du Niger en qualité de Communicateur et  affecté à la zone de Niono pour servir la radio Office du Niger, est licencié pour abandon de poste conformément à l’article 29 de l’Accord d’établissement de l’Office du Niger ».  Voilà  l’article 1er de la décision n°222/PDG-DAF-SA en date du 28 octobre 2019  de licenciement du désormais  ex-communicateur du géant de la riziculture.

D’après la même décision signée par le PDG, Mamadou M’Baré Coulibaly, « au regard du motif de licenciement, l’intéressé ne peut prétendre à aucune indemnité de licenciement, exceptée l’indemnité compensatrice de congé et le certificat de travail conformément au Code du travail de la République du Mali. La régularisation de la situation financière de l’intéressé fera l’objet d’une autre décision».

Dans une note élaborée par la direction générale, du géant de la riziculture, sur  le motif de ce licenciement, il ressort que AlmoustaphaMaïga, maître d’enseignement du second cycle, spécialité histoire-géographie, a été embauché comme communicateur de l’Office du Niger suivant contrat de travail N°021/PDG-DAF-Sa du 1er octobre  2003. Dans son contrat de travail, l’alinéa 2 de l’article 1erstipule en substance que « l’employeur se réserve le droit d’utiliser les services de ce travailleur dans la zone d’intervention de l’Office du Niger ».

L’article 16 de l’accord d’établissement de l’office du Niger dispose également que « la Direction générale de l’Office du Niger décide des mutations du personnel en fonction des besoins du service ».

C’est suivant ces argumentaires que «  M. AlmoustaphaMaïga a été mis à la disposition de la zone de Niono pour servir à la radio Office du Niger par décision n°278-PDG-DAF-SA du 4 décembre 2018 ».

Cependant, n’ayant pas apprécié cette décision d’affectation, l’intéressé «  a juré de ne jamais y aller ». Pour cela, toujours peut-on lire dans la note, « il multiplia les stratagèmes,  soit en  demandant des congés par anticipation ou apportant des certificats médicaux de la zone de Niono, son nouveau poste d’affectation ». Finalement, il a attaqué la décision d’affectation devant le tribunal administratif de Bamako en annulation pour « excès de pouvoir ».  La note  de l’Office poursuit que : « cette juridiction a extraordinairement annulé la décision suscitée en son audience du 20 juin 2019 au motif qu’au lieu de la nomination évoquée dans le libellé, la décision incriminée l’a mis à la disposition de la radio étant donné que la nomination et la mutation sont deux termes aux contenus différents juridiquement ». Or, outre AlmoustaphaMaiga, cinq autres agents, sur la même décision, ont regagné leur lieu d’affectation. Et que  par ailleurs, jusqu’ici, les décisions d’affection de l’Office sont rédigées de la même manière.

Cependant, l’Office du Niger qui a fait appel de ce jugement, a pris une nouvelle décision n°211 en date du 4 octobre dernier affectant M. AlmoustaphaMaïga, toujours  à la zone de Niono. Après les tentatives de lui notifier en vain cette décision, un conseil de discipline a été convoqué le 14 octobre 2019 pour statuer sur son cas.  Le procès-verbal de cette réunion a été transmis à l’inspection du travail pour avis sur le licenciement. Celle-ci a mené des  enquêtes réglementaires qui lui ont permis de constater qu’effectivement depuis le 4 octobre, M. Maïga est absent de ses postes (ancien et nouveau) à l’Office du Niger, sans autorisation de son employeur donc en violation de l’accord d’établissement et du règlement intérieur du service. D’où la justification de la présente décision de licenciement prise conformément à la législation.

La Direction reproche aussi à l’employé la mise en place d’un soi-disant comité syndical constitué de sa seule personne car aucun autre membre de son  bureau ne s’y reconnait.

Joint par nos soins, l’intéressé explique que tout s’est accéléré suite à son audition,  début octobre, au Pôle économique et financier  en tant que « secrétaire général du syndicat autonome de l’Office du Niger » dans le cadre d’une affaire de détournement supposée de 401 millions de FCFA à l’Office du Niger et de la publication de celle-ci dans la presse.

«Le jour de  la diffusion du compte rendu de mon audition dans les journaux,  la Direction m’a muté, comme animateur à la radio de Niono. Une mutation qui avait déjà été annulée par le tribunal administratif de Bamako pour « excès de pouvoir ». Et aussi, « au lieu de me remettre cette nouvelle décision d’affectation, la Direction de l’Office  a décidé de passer par un huissier. Depuis quand une décision de mutation est notifiée par un huissier ? C’est pourquoi celui-ci n’a pas pu me l’a notifié, ni à Niono où je ne me considère pas comme un agent parce que la mutation a été annulée, ni à Ségou où je n’ai pas encore été réaffecté ». Quant au conseil de discipline, poursuit – il, « il a été tenu le même jour de ma convocation, ce qui n’est pas normal et en l’absence du mis en cause qui doit être convoqué pour  s’expliquer.  De toute façon, cette décision, c’est leur acte ultime, j’ai une grosse de justice, mais le tribunal du travail tranchera » a-t-il ajouté.

YC

Source: l’Indépendant