mar. Mar 31st, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

130 mois de salaires impayés à la Cimenterie nationale

130 mois de salaires impayés à la Cimenterie nationale

À Kimpese, au Kongo central, la Cimenterie nationale (Cinat) de RDC existe encore malgré les affres du temps. Elle a été construite sur demande du maréchal Mobutu en 1974. Ses employés, bien que non payés depuis près de 10 ans, continuent d’entretenir les outils de production, dans l’espoir de voir un repreneur lui redonner son prestige d’antan.

L’usine n’a pas produit un sac de ciment depuis 2011. La production s’est officiellement arrêtée pour une simple pénurie de carburant, mais elle n’a jamais repris. Depuis, quelque 300 employés viennent sur le site, même le directeur, sans être payés ni recevoir de budget. Tout juste produisent-ils de temps à autre avec les moyens du bord un peu de poudre de calcaire.

Justin Nkuama Khoto est le directeur de l’usine. Il travaille pour la cimenterie nationale depuis quarante ans : « C’est tout juste pour assurer la sécurité. Si on laisse tout ça, demain matin tout est cannibalisé, les machines et toute l’usine, de la carrière jusqu’à l’asséchage. »

Nostalgie des années 1980

La carrière se remplit d’eau en cette saison des pluies. Les pompes marchent toujours, le service technique a même imaginé un système de radeaux pour pallier certaines défaillances, comme l’explique Jean Hubert Fuawuna, l’un de ses responsables : « Nous avons eu des problèmes dans le passé. C’est comme ça que nous avons construit deux radeaux. Ça, c’est une concession Cinat. Avant de construire les deux radeaux, nous avons placé les motopompes là-bas. Même si le niveau d’eau monte, les radeaux montent, les motopompes et les moteurs ne sont pas noyés. »

Cent trente mois sans salaires, de lancement d’appel à intérêts en proposition de repreneurs, c’est comme ça que les employés de la Cinat ont tenu. Avec leur conscience professionnelle et ce souvenir ému d’avoir reçu, dans les années 1980, le label du meilleur ciment d’Afrique.

Source: rfi.fr