Conférence sur la politique foncière en Afrique Les technologies doivent permettre d’éliminer la corruption dans le secteur

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Conférence sur la politique foncière en Afrique Les technologies doivent permettre d'éliminer la corruption dans le secteur

Charles Boamah a lancé un appel en faveur du renforcement des ressources financières et humaines consacrées à l’élaboration de politiques foncières. Il s’exprimait le mardi à Abidjan lors de la 3ème conférence sur la politique foncière en Afrique.

Les pays africains doivent agir plus rapidement pour éliminer la corruption présente dans le secteur foncier en tirant parti des technologies et de l’innovation, a déclaré Charles Boamah, vice-président principal de la Banque africaine de développement , à la 3ème Conférence sur la politique foncière en Afrique.

Devant les décideurs politiques et parties prenantes à la conférence, qui se tient à Abidjan du 25 au 29 novembre, Charles Boamah a lancé un appel en faveur du renforcement des ressources financières et humaines consacrées à l’élaboration de politiques foncières, « surtout dans les zones rurales et parmi les populations les plus vulnérables, notamment les femmes. »

La conférence biennale, organisée par le Centre africain sur les politiques foncières, offre aux parties prenantes africaines un pôle de rencontre qui leur permet d’approfondir leur engagement envers l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de politiques foncières par l’accès au savoir et la formulation de politiques fondées sur des bases factuelles.

Les débats de cette année, organisés par la Banque africaine de développement, ont pour thème: « Remporter la lutte contre la corruption dans le secteur foncier : Voie viable pour la transformation de l’Afrique ».

Selon à l’échelle mondiale, une personne sur cinq a versé un pot-de-vin en échange d’un service foncier. En Afrique, chaque client des services de l’administration foncière en fait de même. « Cette corruption se manifeste sous de multiples formes : les pots-de-vin ou les transactions foncières illicites n’en sont que des exemples. Les promoteurs immobiliers et les spéculateurs ciblent spécifiquement les pays dont le système de gouvernance est précaire. Les élites puissantes locales sont elles aussi plus susceptibles de manipuler ces systèmes à des fins étroites, non au profit du public », a fait remarquer Charles Boamah.

La Banque africaine de développement entend travailler avec ses partenaires pour améliorer la gouvernance en matière d’administration des biens fonciers dans le cadre des efforts déployés pour stimuler la production agricole. Deux de ses grandes initiatives, Technologies pour la transformation de l’agriculture en Afrique, ont fait preuve d’innovation dans ce domaine.

L’agriculture reste le pilier de bon nombre d’économies africaines. Pour autant, une politique et une administration foncière solide sont indispensables pour l’adapter aux pratiques du XXIe siècle, a affirmé Charles Boamah.

Sansan Kambile, le ministre ivoirien de la Justice, a exhorté les États africains à inscrire la sécurité du régime foncier comme objectif de développement prioritaire. « Sans sécurité du régime foncier et ses diverses implications, aucun développement ne peut être durable. Il s’agit là d’une responsabilité collective que nous devons nous efforcer de réaliser en vue de laisser un héritage louable aux générations futures », a-t-il déclaré, en souhaitant que les réunions d’Abidjan débouchent sur des solutions applicables à son système d’administration des biens fonciers.

Dans son discours de bienvenue, Josepha Correia Sacko, la commissaire de la Commission de l’Union africaine chargée de l’agriculture et de l’économie rurale, a fait remarquer que la corruption dans le secteur foncier a nui à la cohésion et a conduit à des conflits sur le continent. « Pour remporter notre combat contre la corruption, nous devons veiller à la distribution équitable des terres et à leur accès par tous, surtout par les femmes, les jeunes et d’autres groupes vulnérables », a-t-elle insisté.

Elle a appelé les gouvernements africains à des modalités de gestion des terres transparentes, responsables, efficaces et réactives face aux nouveaux défis que présente la dégradation de l’environnement.

Selon Stephen Karingi, directeur de la Division de l’intégration régionale et du commerce de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, une bonne gouvernance foncière contribuera à réduire le coût de la gestion des affaires en Afrique et sera bénéfique à l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Source: Lejecom