mar. Mai 18th, 2021

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Poursuite de la suspension de l’AMO par les pharmacies privées Malgré le versement par la CANAM de 3 milliards de FCFA, les syndicats persistent et signent

Poursuite de la suspension de l’AMO par les pharmacies privées Malgré le versement par la CANAM de 3 milliards de FCFA, les syndicats persistent et signent

Le Syndicat Autonome des Pharmaciens d’Officines Privées (SYNAPPO) et le Syndicat National des pharmaciens du Mali (SYNAPHARM) ont décidé de proroger leur mot d’ordre de suspension des services de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) déclenchée depuis le jeudi 28 novembre dernier. Cela après que l’implication du ministre de la Santé a permis de verser 3 milliards de FCFA, le mardi dernier, aux pharmaciens en grogne. Les deux syndicats estiment, en effet, que leurs adhérents n’ont perçu que 30% (à la date d’hier) des arriérés de leurs factures qu’ils évaluent à 6 milliards de FCFA, y compris les prestations des autres partenaires que sont les médecins et les laboratoires. La CANAM, qui assure le versement effectif des 3 milliards de FCFA à ses deux prestataires, l’INPS et la CMSS censées régler les arriérés des pharmaciens, ajoute avoir porté à 5,2 milliards FCFA par mois le niveau de règlement des factures liées à l’AMO depuis l’arrivée, le 1er juillet 2019, de l’actuel Directeur général, Mahamane Baby. Auparavant, le montant des règlements oscillait autour de 3 milliards et demi de FCFA.

C’est toujours le quiproquo autour des services de l’AMO poursuite de la suspension de l’AMO par les pharmacies privées au niveau des pharmacies privées dont les promoteurs sont regroupés en deux syndicats : le Syndicat Autonome des Pharmaciens d’Officines Privées (SYNAPPO) et le Syndicat National des Pharmaciens du Mali (SYNAPHARM).

Selon le porte parole et représentant de la dernière organisation dans la Commission de crise de l’AMO, Dr Ibrahim Diarra,  » la suspension des services de l’AMO fait suite à plusieurs échanges avec les décideurs qui ont échoué à différents niveaux à savoir la direction générale de la CANAM, le ministère de la Santé à travers le Secrétaire général puis le ministre lui-même. Ces échecs ont fait que, jusqu’à preuve du contraire, la suspension continue « . Dr Diarra estime que c’est « un déficit de projection » qui a manqué aux décideurs de la CANAM. Il a révélé que lors de leur rencontre avec le ministre de la Santé, l’INPS a demandé 1,5 milliard de FCFA et la CMSS environ 2 milliards de FCFA pour éponger les arriérés liées à l’AMO soient 3,5 milliards de FCFA. « Mais si l’on veut sortir de l’impasse, selon ce que nous avons projeté, il faut 6 milliards de FCFA en prenant en compte les pharmaciens, médecins et laboratoires, tous les partenaires en sommes » a-t-il déclaré.  » On peut dire que les négociations continuent mais on peut pas être sûr qu’elles vont aboutir.

En effet, le ministre avait promis de verser l’intégralité des arriérés des factures des pharmaciens, le mardi dernier, mais nous avons attendu jusqu’à aujourd’hui jeudi, aucun versement extraordinaire n’a été fait dans les comptes des pharmaciens » a-t-il expliqué. Avant d’ajouter que cette situation  » a trop duré » en violation de la convention sectorielle entre la CANAM et les officines de pharmacie conventionnelle. Et de citer l’article 40 de ce document ainsi libellé : « La CANAM procède au paiement intégral du pharmacien dans un délai maximum de 15 jours à compter de la date de réception du décompte ». Dr Diarra d’affirmer que « ce délai, de 2011 à nos jours, n’a jamais été respecté et le retard commence à être trop long jusqu’à ce qu’il entraine des dysfonctionnements dans certaines pharmacies ». Au finish, les pharmaciens exigent le paiement intégral des factures échues avant toute reprise de service. Car, indique notre interlocuteur  » 20% des pharmacies tendent vers leur fermeture, pas à cause de la mauvaise gestion des pharmacies, mais de l’AMO. Nous refusons aujourd’hui d’être victimes de la mauvaise gestion de la CANAM. Nous demandons à l’Etat d’honorer ses engagements.

Nous ne fabriquons pas de médicaments au Mali, nous avons un délai de paiement d’une semaine auprès de nos grossistes dont certains refusent de nous fournir des médicaments aujourd’hui à cause des retards de paiement ». Du côté de la CANAM, l’un des responsables explique que celle-là traite avec deux prestataires : la Caisse malienne de sécurité sociale (CMSS) et l’Institut national de prévoyance sociale (INPS). Suite à l’implication du ministre Michel Hamala Sidibé soucieux de mettre fin aux souffrances des milliers de bénéficiaires de l’AMO, la CANAM a mis à la disposition de ces deux prestataires les 3 milliards de FCFA réclamés à raison de 1,5 milliard chacun pour éponger les factures en souffrance. L’intégralité de cette somme a été déposée sur les comptes bancaires des deux prestataires. Les preuves existent. Cependant, contre toute attente, les deux syndicats des pharmaciens disent poursuivre la suspension de fourniture des médicaments au motif qu’ils n’ont constaté que le virement de 30% des 3 milliards de FCFA à la date d’hier.

Ceci, au moyen de sondage effectué auprès de différents pharmaciens. La CANAM dit ne pas sentir responsable de cette situation à supposer qu’elle soit avérée. Son explication éventuelle serait à rechercher auprès des banques qui ont peut-être mis du retard à positionner l’argent sur les comptes des pharmaciens eu égard à ce qu’ils sont nombreux et que les paiements se font individuellement. Plaidant la bonne foi de la CANAM, notre interlocuteur d’affirmer que depuis le 1er juillet dernier, date à laquelle l’actuel Directeur général, Mahamane Baby a pris fonction, la situation des paiements s’est grandement améliorée passant de 3,5 milliards de FCFA par mois à 5,2 milliards de FCFA en septembre, octobre et novembre derniers.

Une source proche du dossier souligne que cette crise met en relief la nécessité de performer le système de gestion de l’AMO qui exerce une forte attractivité sur les salariés maliens. En effet, ce régime soulage considérablement les ménages des dépenses liées aux soins médicaux. Cependant, après dix ans de mise en œuvre, des insuffisances criardes apparaissent au grand jour. Au nombre desquelles, la difficulté par la CANAM de respecter le délai de paiement de 15 jours des factures déposées auprès d’elle, quand on sait que lesdites factures peuvent atteindre la quantité faramineuse de 75 000 (soit une moyenne de 5 000 factures par jour) et qu’il y a lieu de remonter une bonne partie d’entre elles des régions vers Bamako tout en vaillant à extirper les factures frauduleuses qui peuvent se glisser dans ce lot. Il n’est pas exclu, en effet, que des pharmaciens trop gourmands gonflent leurs factures avec des médicaments non couverts par le mécanisme.

Y.C

Source: l’Indépendant