mer. Jan 22nd, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Qu’en penses-tu, Seïdina Oumar Dicko ?

Qu’en penses-tu, Seïdina Oumar Dicko ?

A moins de 24 heures de l’ouverture du DNI annoncée solennellement par IBK pour le 14 décembre, une vraie partie de poker menteur s’annonce : le pays frémit- il à cause des interrogations et des incertitudes qui pèsent dessus ?

Le Dialogue National Inclusif (DNI) s’ouvre, en effet, dans quelques heures sur fond d’incertitudes et d’interrogations. Au nombre de ceux qui ont refusé l’ accompagnement d’ IBK par peur des  » verrouillages  » du débat, il y a le Front pour la Sauvegarde et la Démocratie ( FSD ) conduit par le président de l’URD, Soumaila Cissé, par ailleurs chef de file de l’opposition, mais aussi le MPR du bouillant Choguel Kokala Maïga, en compagnonnage étroit avec le premier nommé, le président de FARE ANKAWULI, autre gros morceau de l’opposition, Modibo Sidibé alias le « Sphinx » et son homonyme Dr Cheick Modibo Diarra, le très populaire ancien de la Nasa, qui a su toucher le cœur des électeurs lors de la dernière présidentielle, (il s’est imposé troisième), l’ancien Premier ministre Zoumana Sacko,  » Monsieur propre  » ou l’ex-leader estudiantin, Dr Oumar Mariko qui a choisi le camp du refus bien avant les autres. S’y ajoute l’avocat Me Mountaga Tall, rompu aux joutes oratoires et dont la parole compte. La liste est loin d’être exhaustive si l’on tient compte des leaders de la Plateforme de Lutte contre la Corruption et le Chômage (PCC) de Dr Clément Mahamadou Dembélé ou celle portée récemment sur les fonts baptismaux par la très remarquée Sy Kadiatou Sow, la plateforme  » Ankow Mali dron » qui achève toujours les combats qu’elle commence, les leaders religieux comme Mohamed Bouyé Haïdara, l’influent chérif de Nioro écouté au-delà de nos frontières ou l’imam Mahmoud Dicko qui en a gros sur le cœur, d’avoir fait beaucoup pour IBK et de constater, par lui-même,  » son mauvais choix en 2013 « .

Tous craignent un DNI bâclé, axé sur la réforme constitutionnelle et dont les résultats ne seront pas applicables. Toutefois, l’opposition, en ne participant pas au DNI, risque de voir certaines de ses bonnes idées galvauder par d’autres. En effet, le DNI, qui a été suggéré hier par l’opposition et boycotté aujourd’hui par elle, risque de tenir ses assises dans le cadre strict des TDRs balisant les débats. Il y aura, certes du monde, mais les idées pertinentes et contradictoires vont manquer et l’opposition pourrait regretter d’avoir laissé le champ aux thuriféraires et autres manipulateurs, comme lors du remplissage du stade du 26 mars à la veille des élections présidentielles. Refuser le débat, c’est un peu comme refuser de participer aux élections. Il nous revient à la mémoire ce séjour historique du président Ahmed Sékou Touré à Bamako. Lors d’une de ses sorties au Stade Modibo Keïta, il a prévenu :  » Mieux vaut une mauvaise organisation que pas d’organisation du tout « . Le boycott peut revenir comme un effet boomerang à la face de l’opposition, en cas de succès du DNI.

Les thèmes lors des ateliers étaient certes porteurs notamment  » la gouvernance du foncier et des domaines  » mais les rapports les plus critiques ont circulé sous le manteau et n’auraient pas été dévoilés. Les organisateurs ont laissé la porte du DNI ouverte à tous les Maliens venant ainsi grossir le rang déjà étoffé par une majorité de la classe politique : Ensemble pour le Mali (EPM), de nombreux partis de la majorité et de l’opposition, la société civile, mais aussi le Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM), la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) qui avait suspendu sa participation au DNI et s’est engagée à revenir dans le débat. Une grosse majorité, nous semble-t-il, a participé aux ateliers préparatoires et se fera forte d’honorer son engagement jusqu’au terme des débats nationaux. La principale incertitude, véritable point d’achoppement, reste la question de la révision constitutionnelle qu’IBK refuse de mettre sur la table avant l’ouverture du DNI, de dévoiler ses sentiments sur son abandon ou son maintien. Réunis sous la bannière des forces patriotiques les opposants ne semblent pas non plus engagés dans un examen de la révision, avec ou sans le DNI. Faut craindre donc des joutes comme en 2017, personnes n’y gagnerait un copeck. D’où nos interrogations, en l’absence des ténors de l’opposition, d’une partie des leaders religieux et des syndicalistes, le DNI pourrat-il déboucher sur les résultats escomptés? Ne prêtera-t-il pas à d’autres motifs de protestations?

Senamarou@yahoo.fr

Source: l’Indépendant