jeu. Fév 27th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Qu’en penses-tu, Seïdina Oumar Dicko ?

Après un euphorique DNI, triomphant pour le pouvoir et qui a très certainement libéré la parole, il reste la mise en œuvre de ses quatre recommandations phares. Or, à peine le comité de suivi désigné, des récompenses sont tombées sur l’un des triumvir. Un acte qui interroge, car le DNI ne sera un succès qu’après la mise en œuvre de ses recommandations. Il n’est donc qu’une étape. De fait, après celle-ci, qu’est- ce qui attend réellement les Maliens ?

Il y a peu, nous disions :  » mieux vaut avoir affaire à Dieu qu’à ses saints » ;  soit ! A condition que ce Dieu ne soit pas pour nous  Jupiter, père et roi du panthéon romain, qui règne sur le ciel et la foudre selon la mythologie romaine. Et qu’il n’envoie pas à sa place Mercure (Dieu du commerce, des voleurs, des voyages et messager des autres dieux), pour exécuter les basses missions, ajouterions-nous cette fois, comme de retarder la mise en œuvre des recommandations du DNI ou de lui dresser des barrières insurmontables.

Nos craintes sont étayées par les distributions de postes, qui ont accompagné le DNI et se sont poursuivies, pro-bono en faveur de certains proches du triumvir censé être équidistant des forces en présence (pouvoir et opposition).

Autres motifs d’inquiétude, c’est la demande faite par le président de la République d’une trêve sociale (à l’occasion de son adresse à la nation lors de la St- Sylvestre) sans l’assortir de garanties quant à l’arrêt de l’impunité et des dépenses budgétaires somptueuses de ces dernières années. Or, seules de telles garanties sont susceptibles d’assurer un climat social apaisé après la trêve. Cependant, l’impunité est régie en règle de gouvernance, il est vrai, depuis des décennies, favorisant la prédation des biens de l’Etat. Aussi, la supplique du président IBK en vue d’une trêve sociale est tombée dans des oreilles de sourd, car il a oublié de revisiter, lui le grand latiniste, féru d’histoire, Caton d’Utique, célèbre pour son stoïcisme et qui  avait prévenu  déjà au XVe siècle qu’  » il est difficile de discuter avec le ventre, car il n’a pas d’oreille ».

Ce que du reste les syndicats ont relevé, qui se sont faits forts de poursuivre leurs grèves très dommageables à l’équilibre précaire d’une économie plombée, quoique présentée comme ayant effectué un bond qualitatif. Pour la majorité des Maliens, l’année 2019 s’est achevée comme elle a commencé, c’est-à-dire dans la disette et dans un climat d’insécurité qui n’épargne plus aucune région. En somme, elle n’aura été qu’un prolongement des années 2012-2018.

Pour la course au positionnement, les regards se tournent déjà vers 2023 qui marque la fin du deuxième  mandat de Jupiter-IBK,  fils de Titan-Sunjata, qui verra Boubou Cissé alias  Mercure se positionner, boosté par des sondages fantaisistes qui ne trompent personne et qui le placent tantôt comme  » l’homme politique de l’année », tantôt comme le  » meilleur ministre «  du gouvernement de mission, au risque d’instaurer une oligarchie au Mali pour assurer des arrières ?

Un risque qui  existe bel et bien au rythme actuel des sondages désignant un seul politique d’envergure au Mali.

Comme on le constate, le DNI et ses conclusions semblent relégués à l’arrière-plan dans les préoccupations de certains décideurs et tombent déjà doucement dans les oubliettes de l’histoire, comme beaucoup d’autres résolutions de sortie de crise.

A moins que Karim  »  l’Infant  »  du Mali, à l’image de ceux de la Maison de France, de Navarre et d’Espagne, ne dévoile ses ambitions et ne se revendique héritier légitime de l’œuvre herculéenne du père.

Dans ce pays, tout reste désormais possible, même l’absurde, à moins que l’ « âme du Mali « , sa force réelle, ne s’y oppose comme en 1960 pour obtenir l’indépendance, ou comme en 1991 pour réaliser l’ouverture multipartite et, plus récemment en 2019, pour faire face au projet de révision constitutionnelle : Le Peuple !

Source: L’Indépendant