ven. Jan 24th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Le président de l’UFOA zone A, Antonio Souaré:  » Le football ne peut pas marcher sans les Etats »

Le président de l’Union des Fédérations Ouest-Africaines de Football (UFOA) zone A, Antonio Souaré a dévoilé, hier, à Bamako, les grands projets de développement du football dans la sous-région. Ces chantiers reposent sur trois grands axes : la régularité et la multiplication des compétitions, l’harmonisation des calendriers et la formation à tous les niveaux. Le dirigeant sportif guinéen a toutefois soutenu que  » le football ne peut se développer sans le concours des gouvernements « .

Le voile s’est levé sur les ambitions du Comité Exécutif l’Union des Fédérations Ouest-Africaines de Football (UFOA) Zone A.

Le président de l’Organisation, Antonio Souaré a révélé, hier, au siège de la Fédération Malienne de Football, les vastes chantiers pour développer le football dans la sousrégion. A ses dires, cette redynamisation du football au niveau de l’UFOA A passe par trois préalables : la régularité et la multiplication des compétitions, l’harmonisation des calendriers et la formation à tous les niveaux.

 » Ce qui est important, c’est de faire vivre notre zone. Si vous prenez le Maghreb, la CECAFA et la COSAFA, ils ont des compétitions régulières dans leur zone. Alors que nous, en Afrique de l’Ouest, nous ne jouons que dans deux seules compétitions : FIFA et CAF. Ce qui implique que, quand nos équipes rencontrent celles qui jouent dans d’autres compétitions, nous trouvons que ces dernières sont mieux préparées que nous. Le plus souvent, nos équipes sont éliminées. C’est tout à fait normal. Même si vous avez la meilleure équipe, si elle n’a pas de compétition dans les pieds, elle est obligée de céder face à celles qui peuvent tenir 90 ou 120 minutes », a expliqué le président du Horoya AC de Conakry, faisant allusion au manque de compétitions dans la zone.

Jouer plus de compétitions

Puis de poursuivre :  » Nous allons faire une tournée dans tous les pays de notre zone pour rencontrer les autorités du football et les chefs d’Etat afin d’harmoniser nos programmes. Parce qu’aujourd’hui, nous devons compétir sur beaucoup de plans : d’abord au niveau du football des jeunes et du football féminin. Mais aussi la création de tournois interclubs entre les Champions de chaque pays. Nous devons aussi revenir à l’esprit de la Coupe Cabral, qui était devenue comme une Coupe d’Afrique des Nations entre les pays. Tous les Etats étaient pleinement engagés. Si nous voulons être performants, il faut que cette compétition renaisse ».

Problèmes de calendriers à régler

Poursuivant son plaidoyer, Antonio Souaré a ajouté que :  » dans notre zone, il y a toujours des problèmes de calendriers de Championnat. Il faut que nous parvenions à les harmoniser comme en Europe. Nous ne disons pas de commencer le même jour et terminer le même jour. Mais nous pouvons avoir des programmes précis, qui nous permettront, à une ou deux semaines d’intervalle, de terminer tous notre championnat. Et pour plus de facilité, nous pouvons créer une banque de données afin d’harmoniser les licences des joueurs. Cela évitera les tricheries sur l’âge des footballeurs dans notre zone ».

En ce qui concerne la formation, Antonio Souaré a affirmé que c’est le gros lot du problème.  » Il faut que nous arrivions à former nos cadres. Nous avons beaucoup de personnes qui aiment le football, mais ils ne comprennent rien au football. Car, ils n’ont pas la formation requise. Ce n’est pas parce qu’on est propriétaire d’un club, qu’on doit faire ce qu’on veut. Il y a des lois et des règlements. Des séminaires doivent être organisés à l’intention des ligues et des membres de nos fédérations. Les capacités des encadreurs doivent être aussi renforcées. Il faut que chacun des éléments du football sache son rôle », a-t-il soutenu.

L’appui des Etats sollicité

Pour la réalisation de ces projets d’envergure, le président de l’UFOA A compte s’appuyer sur les instances du football, mais aussi sur les Etats.  » La FIFA et CAF nous accompagnent pour le développement du football. Mais il va falloir présenter des projets bancables pour avoir des financements. Et les conditions sont strictes, car dans le passé, il y a eu des détournements dans beaucoup de fédérations », a-t-il laissé entendre.

Avant de conclure  » nous comptons aussi sur les gouvernements. C’est pourquoi, nous allons faire une tournée pour rencontrer tous les Chefs d’Etat en vue d’harmoniser nos projets. Le football ne peut pas marcher sans les Etats. Nous disons souvent que l’Etat ne doit pas se mêler des affaires du football en faisant référence aux lois, mais sans l’Etat, ce ne sont pas les clubs ou la FIFA qui viendront construire les stades. Et sans installation sportive, il n’y pas de football. La preuve est que, depuis 2002 où l’Etat a construit beaucoup de stades, le football malien a pris une autre dimension tout de suite. Depuis cette époque, le football malien fait partie du quatuor africain des compétitions. Des partenaires commerciaux, qui sont les sponsors, sont aussi disposés à nous appuyer. Mais ils Le président de l’Union des fédérations ouest-africaine de football (UFOA) zone A, Antonio Souaré (à gauche) et le président de la FEMAFOOT, Mamoutou Touré PA R Sory Ibrahima COULIBALY attendent en retour de la visibilité  »

Présent à la conférence de presse, le patron du football malien, s’est réjoui de la démarche du président de l’UFOA A.  » Nous remercions très sincèrement le président Antonio Souaré pour le choix porté sur Bamako pour annoncer les grands chantiers sur lesquels nous voulons bâtir notre mandature. Nous savons son degré d’engagement pour le développement du football dans notre sousrégion », a déclaré Mamoutou Touré dit  »Bavieux », qui est vice-président de l’UFOA A.

Par ailleurs, les deux dirigeants sportifs ont aussi promis d’aménager le siège de l’UFOA A à Banjul (Gambie), afin d’avoir une administration digne de ce nom. Il convient de rappeler que l’UFOA A regroupe 9 pays : le Cap Vert, le Sénégal, la Guinée, le Mali, la Gambie, la Mauritanie, la Guinée Bissau et la Sierra Leone.

Sory Ibrahima COULIBALY

Source : l’Indépendant