sam. Mai 15th, 2021

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Qu’en penses-tu, Seïdina Oumar Dicko ?

L’ancien président par intérim Dioncounda Traoré, bombardé haut représentant du président de la République pour les régions du Centre, a envoyé un émissaire de haut rang, lundi 17 février dernier, selon certaines sources, à Mopti, épicentre des exactions jihadistes au Mali. A-t-il pris langue avec Koufa malgré le silence assourdissant de ce dernier à sa proposition de dialogue et les voix discordantes qui s’élèvent ?

Nommé en juillet 2019 Haut représentant du président de la République pour les régions du Centre, médiateur donc, l’homme monte progressivement au créneau. En effet, après un silence tonitruant de plusieurs mois, il a fait sa première déclaration en janvier dernier sur sa volonté de dialogue avec Iyad et Koufa à qui il aurait envoyé des émissaires.

Nous apprenons, selon des sources bien introduites, que son émissaire, Django Cissoko a pris, à son tour, son bâton de pèlerin en direction du Centre. Il s’ajoute, en réalité, à de nombreux autres intermédiaires envoyés vers Koufa.

Ils savent où le joindre apparemment. Donc, Dioncounda, sur ce plan, aura l’embarras du choix. Ce qui reste moins clair c’est la nature de cette mission, ses moyens et ses attentes qui ne peuvent être dévoilés en pareille circonstance. C’est à croire que le  » double message des terroristes à IBK et à Dioncounda  » que nous évoquions dans notre éditorial du lundi dernier et les observations de certains leaders politiques sont tombés dans l’oreille d’un sourd.

Pour ce qui est de son objectif, peut-on croire que la  » mission Django Cissoko  » veut donner un contenu et de l’amplitude au dialogue que prône Dioncounda Traoré avec les jihadistes maliens et même au-delà de ceux-là ?

Le faisant maintenant, Dioncounda met en branle son idée et semble indiquer le chemin au gouvernement qui louvoie entre  » recommandations  » (sic) du Dialogue National Inclusif et réticences de la France. Un difficile équilibre qui passe, nous l’imaginons, par cet homme, avec la bénédiction d’IBK, dont beaucoup doutent, cependant, du charisme nécessaire à cette mission plus que délicate à lui confiée.

Sa proverbiale chance l’ayant fui depuis cette autre mission à la tête de la transition kafkaïenne de 2012, nous rejoignons le lot des sceptiques. Car, en plus de la danse du diable ( en bamanankan : donni don goman) qui se rythme et s’accélère autour de lui, le Haut représentant du président de la République au Centre doit faire face au diable lui-même qui, en matière d’intransigeance et d’entêtement, n’a rien à voir avec les acteurs de 2012, lesquels apparaissent comme de simples enfants de chœur en comparaison des chefs djihadistes.

Koufa, comme Iyad, est dans la logique d’une opposition meurtrière à grande échelle à tout dessein contraire à la réalisation d’un Etat islamique. Pas autre chose.

Rappelons aussi que les signaux sont au rouge pour l’émissaire du Centre, les jihadistes ayant répondu à son appel du pied par un embrasement total du nord au sud en passant par le centre, ce, malgré l’appui,  » tiré par les cheveux « , d’un d’IBK au dialogue prôné par Dioncounda Traoré.

Source: l’Indépendant