dim. Mar 29th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Qu’en penses-tu, Seïdina Oumar Dicko ?

L’Imam Mahmoud Dicko a organisé, le samedi dernier, un meeting géant que personne ou presque n’a vu venir. Il a lancé des mises en garde au pouvoir et dénoncé pêle-mêle  » une gouvernance axée sur le mensonge, la corruption, la soumission « . Dans ce qui semble bien un ultimatum, lors de ce meeting organisé au Palais de la culture AHB de Bamako, d’un ton de tribun, Mahamoud Dicko déclare :  » à partir de vendredi prochain (ndlr : vendredi 6 mars), le peuple malien prendra son destin en main. » Que faut- il déduire de ce discours va-t’en guerre ?

L’Imam Dicko a organisé, tout le laisse croire, un meeting aux allures de reconquête de l’opinion, un an bientôt après sa marche historique pour faire partir le PM d’alors Soumeylou Boubèye Maïga en réussissant la jonction avec d’autres forces. Et, depuis rien ! Au point de freiner ses propres troupes engagées dans la conquête de l’hémicycle et du pouvoir suprême, prenant l’opinion de court. Il commençait à perdre en crédibilité parce qu’on le soupçonnait de plus en plus d’être un soutien du PM actuel, Boubou Cissé, donc d’accointance avec le pouvoir. Gommer cette image peut expliquer la virulence de son discours. Nous croyons aussi comprendre dans ses propos qu’il a posé des conditions au gouvernement, sans les dévoiler. Par ailleurs, le meeting du samedi peut préfigurer une répétition, un préchauffage en quelque sorte pour mobiliser et tester ses troupes pour un comeback en vue de réoccuper l’espace perdu au HCIM et comme médiateur au Nord.

– Au HCIM c’est un mandat qui s’est achevé et qui n’était plus renouvelable. Mais souhaitet-il revenir comme médiateur auprès des terroristes ?

Dioncounda ne tenant pas la corde au Centre, limité par un manque de crédibilité, par le poids de l’âge, les pesanteurs communautaristes et de langue etc, il va de soi que les regards peuvent se tourner vers Mahmoud.

Mais, pour re-essayer l’imam Mahmoud Dicko comme médiateur, il faut un pactole un peu plus important que celui de Dioncounda, la mission s’étendant au Nord et les résultats étant plus probants. En outre, l’imam semble savoir où s’adresser pour atteindre Iyad et Kouffa à qui il a envoyé un signal lors du meeting. Par contre, il semble la jouer, cette fois-ci en solo, sans aucun autre soutien, ni parmi les religieux, ni parmi les forces patriotiques de l’opposition encore moins la société civile. Attendons donc de voir l’échéance maximaliste du vendredi 6 mars.

Source : l’Indépendant