mar. Oct 27th, 2020

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22 jours après son enlèvement au CSREF de Sogoniko: Le petit garçon retrouvé à Sikasso

Le 12 février dernier, notre journal a rendu compte de la disparition d’un bébé, une semaine après sa naissance, au Centre de santé de référence de la Commune VI, sis à Sogoniko, à Bamako. Le nouveau-né a été retrouvé 22 jours après à Sikasso avec une veuve du nom de Saran, qui voulait à tout prix avoir un enfant.

Salimata Traoré, une jeune dame de 25 ans, domiciliée à Kasséla, dans la région de Koulikoro, après avoir perdu ses deux premiers enfants, à la suite d’accouchements sans assistance médicale, a décidé de se faire suivre par l’équipe de Dr. Sissoko Mama Sy N’Gorka Konaké, médecin-chef du Centre de Santé de Référence de la Commune VI, sis à Sogoniko, réputé pour son professionnalisme.

Elle a ainsi donné naissance une fille, qui fut suivie d’un garçon né le 7 février, par césarienne, comme son aînée. Venue au CSREF, le mardi 11 février pour le pansement de sa plaie, Salimata, en entrant dans la salle de soin, a dû confier son enfant à une dame, recouverte d’un hidjab, qui lui aurait prodigué des bénédictions.

Après ses soins, quelle ne fut sa surprise de constater la disparition de la dame et de son bébé. Elle n’avait que ses yeux pour pleurer. C’est ainsi que Dr. Sissoko a donné l’alerte dans tout le Centre de santé de référence, à la Direction régionale de la Santé de Bamako et au Commissariat du 7e arrondissement. La dame était malheureusement déjà loin.

Le fil de l’enquête a permis de remonter à une dame qui s’était auparavant rendue à la mairie de Magnambougou pour recueillir des informations sur l’adoption. On lui aurait dit qu’en plus de la mairie, elle doit impérativement passer par le tribunal pour rassembler tous les documents nécessaires à l’adoption. Quelques jours, plus tard, elle serait revenue dire à l’agent de la mairie, avec lequel elle avait gardé le contact, qu’elle abandonnait l’idée d’adoption, les papiers étant nombreux et les conditions difficiles.

Un autre jour, précisément le 11 février, elle appelle de nouveau l’agent pour l’informer qu’elle a eu un enfant à Sogoniko et qu’elle a besoin d’un acte de naissance. Ce dernier, ayant immédiatement fait le lien avec l’enlèvement du bébé, a pris contact avec le CSREF qui, à son tour, a passé l’information au 7e Arrondissement.

Pour la retrouver, la Directrice régionale de la Santé de Bamako, Dr collnel Diawara Assa Badiallo Touré et le maire de la Commune VI, Abdrahamane Kéita y ont beaucoup contribué. A l’agent qui l’a alors invitée à venir, elle aurait dit qu’elle souhaite avoir un jugement supplétif et qu’elle enverrait quelqu’un chercher le document. C’est ainsi que son envoyé, en arrivant a eu la mauvaise surprise d’être arrêté et placé en garde à vue.

L’enquête a ensuite montré que la dame qui détient le bébé se trouve à Sikasso. Donc, l’affaire dépassait le niveau du district pour se retrouver au niveau régional. Toute chose qui a favorisé l’implication de la police de la 3e région, qui a joint la belle famille de la dame pour l’informer administrative de la situation.

A noter que la dame, de son vrai prénom Saran, est une veuve qui n’a pas eu la chance d’enfanter. Après le décès de son mari, elle a simulé une grossesse qui s’arrondissait de jour en jour et tout le monde en était heureux. A son retour de Bamako, avec le bébé sous les bras, un baptême très rehaussé a été célébré. Et Saran aurait donné le prénom de son défunt mari à l’enfant. Elle a été arrêtée mardi 3 février et transférée au Commissariat du 7e Arrondissement à Bamako. En attendant d’être fixée sur son sort, elle est en garde à vue. Et Salimata Traoré, en larmes et heureuse, a retrouvé son petit garçon.

F. Mah Thiam KONE

Source : l’Indépendant