mar. Mar 31st, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Qu’en penses-tu, Seïdina Oumar Dicko ?

MALI : la manifestation du vendredi du 06 mars de tous les dangers annulée

IBK en sursis ?

Le calendrier reste toujours difficile pour IBK appelé à gérer ses amis, Toumani Djimé Diallo (TDD ) et l’Imam Mahmoud Dicko qui l’ont plongé dans la quadrature du cercle. La faute incombe-t-elle à leurs récentes prises de paroles uniquement ?

L’un et l’autre sont « sortis de l’ombre » quasiment en même temps et ont, pour le moins, mis en difficulté le président vis-à-vis de la France et de l’opinion nationale. Tant ils ont mis en « quarantaine  » le président entré, malgré lui, dans l’œil du cyclone au moment où il profitait de la pause dans les attaques multiformes et d’envergure (celles des terroristes et des opposants). Occasion pour lui de rester cet adage qui dit  » oh mon Dieu, préservez moi de mes amis, je m’occupe de mes ennemis.  »

Si la gestion du premier, TDD est d’ordre administratif, celle du second, Imam Mahmaoud est plus délicate, compte tenu des foules qu’il mobilise et de sa capacité de nuisance.

Le Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, Tiébilé Dramé, envoyé en pompier pour éteindre le feu allumé par le premier, TDD, l’a rappelé à Bamako, non sans avoir suscité beaucoup d’émoi. Pourtant, TDD a usé d’un langage peu diplomatique, fondé sur des rumeurs, rejoignant de surcroît le camp du  » singleton » d’IBK, l’honorable Moussa Diarra.

A regarder de près, l’ambassadeur du Mali en France, TDD, n’a mis en avant aucune évidence sur la légion française et sans qu’on sache trop qu’elle est la valeur ajoutée de son assertion.

Il s’est, en réalité, tiré une balle dans ses propres pieds.

Quant à l’Imam, sa sortie ne lui correspond pas, tant l’homme dégage une impression de sérénité, d’intelligence et de savoir, démontrée encore récemment avec sa décision de ne briguer aucun suffrage à titre individuel mais aussi collectif au nom de la CMAS (son mouvement politico-religieux), lequel avait le vent en poupe, tout le monde le donnant comme cheval de Troie de l’imam.

– Mahmoud, malgré sa reculade à la demande du chérif de Nioro, chercherait- il à se positionner à nouveau, comme, par exemple médiateur avec les jihadistes ?

La réponse c’est catégoriquement non ! Car formulée par les canaux habituels à IBK, la demande aurait été accueillie comme une vraie opportunité, le casting qui a mené à Dioncounda Traoré étant une impasse et se nourrissant à la  » table du copinage. »

Voulait- il alors déstabiliser les institutions de la République, comme semble indiquer sa convocation avortée au camp 1 de la Gendarmerie ?

La réponse, là aussi, c’est non, mais un non timide, car la situation désastreuse du pays n’a pas besoin de tumultes synonymes d’affaiblissement supplémentaire, ce que reconnait le religieux dans ses dernières déclarations hors meeting.

Apres l’annulation de sa convocation et les plates excuses du plus haut sommet de l’État, il restait peu de raison à l’imam d’enflammer ce qui reste du pays en maintenant la manifestation du vendredi 6 mars pour  » exiger la démission » d’IBK.

La question essentielle reste donc toujours d’actualité : mais, que veut réellement Mahmoud Dicko ?

Faute de réponse et compte tenu de l’annulation de la manifestation du 6 mars, la marge de manœuvre semble être étroite pour le pouvoir qui doit envisager d’urgence un dialogue constructif avec le chef religieux tant redouté et éviter que ses  » talibés » et autres soutiens ne prennent à nouveau la rue, à l’image des foules rassemblées autour de lui hier comme du temps de l’Ayatollah Khomeyni en Iran, dans un contexte de ras-le-bol généralisé et de surcroît lors du mois de toutes les malédictions et de tous les dangers pour de nombreux pouvoirs au Mali.

Source : l’Indépendant