mer. Oct 28th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Lieutenant Dembélé Elisabeth Dacko, chef d’établissement pénitencier à Banamba: Elle se bat pour la reconversion des pensionnaires récalcitrants

Le travail dans le milieu carcéral exige un grand courage, une volonté trempée et un véritable sens du devoir. Elisabeth Dacko, épouse Dembélé, Directrice de la maison d’arrêt de Banamba, a dû faire montre de toutes ces qualités pour se hisser au poste de responsable de l’établissement pénitencier de ce cercle de Koulikoro. Elle est d’ailleurs la seule femme surveillante à occuper ce poste. Tout un symbole.

La taille moyenne, toujours souriante, cette femme a le sens des responsabilités chevillé au corps. Elle se bat au quotidien pour la reconversion des pensionnaires récalcitrants dont certains sont détenus pour des délits graves, voire très graves.

Se prévalant de vingt ans d’expérience professionnelle, elle a eu la chance d’effectuer des stages aux Etats-Unis sur la classification des détenus, le management des prisons et une formation au Rwanda en tant que Contrôleur principal des services pénitentiaires, Chef d’établissement de la maison d’arrêt et de correction de Banamba.

Détentrice d’un Certificat d’Aptitude Professionnelle, obtenu en 1997, en spécialité Secrétariat, après son admission à la Fonction publique par voie de concours, en 1998, en qualité de surveillante de prison, elle a suivi une formation militaire de base au Service National des Jeunes (S.N.J) et la formation professionnelle à l’Institut National de Formation Judiciaire (INFJ). Elle a ensuite été mise à la disposition du Centre spécialisé de Bollé-Femmes en tant qu’agent de surveillance, en 1999.

Au terme de 7 ans passés à ce centre, Elisabeth Dacko s’est présentée au concours d’avancement de catégorie C à B à la Fonction publique. La mère de 5 enfants, toujours persévérante dans son travail, sera reçue, en 2005, au concours professionnel d’avancement, qui lui a valu le grade de lieutenant contrôleur des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée.

Cet avancement de catégorie lui a valu une promotion au niveau de la DNAPES de 2007 en mars 2009. Elle a ainsi été nommée chef de section travail et formation professionnelle. Suivra le poste de Régisseur en 2009 à Fana, qu’elle ne quittera que pour Banamba dont elle est la Cheffe d’Etablissement.

Elle est convaincue que les pensionnaires sont des êtres humains à part entière, avec tous les droits, sauf celui de la liberté de mouvement. Ce respect de soi et de l’autre va obligatoirement pousser les femmes et les filles des centres de détention à se respecter et à bien se comporter à l’égard du personnel pénitencier.

L’administration travaille sans relâche pour le respect de la dignité humaine, le respect des droits des pensionnaires, sans discrimination de race de couleur, d’ethnie ou de religion ; la sensibilisation et la lecture du règlement intérieur à tous les pensionnaires favorisent une symbiose entre l’administration d’une part et les pensionnaires d’autre part.

Cependant, la Directrice de Banamba déplore l’insuffisance du personnel féminin au sein de l’administration pénitentiaire qui n’atteint pas les 30% institués par le président de la République. Sur 60 prisons, une seule dame est chef d’établissement. Elle souhaite ainsi que la tendance change.

Fatoumata Mah Thiam KONE

Source: l’Indépendant