mar. Déc 1st, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Conférence de presse de la Minusma hier: L’éventualité d’une reprise rapide et à distance des sessions du CSA évoquée

Comme à son habitude, toutes les deux semaines, la MINUSMA a animé, hier jeudi 16 avril, une conférence de presse. Pour éviter la transmission et la propagation du coronavirus, cette rencontre s’est tenue via une visioconférence. Le principal intervenant était le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif. Occasion pour lui de revenir sur certains points de l’actualité tels que la situation actuelle de la mise en œuvre de l’Accord qui est au point mort ainsi que l’impact de la maladie sur les activités de la mission onusienne.

Au cours de cette rencontre, il a surtout été question du blocage actuel que connait la mise en œuvre de l’Accord. Selon le chef de la MINUSMA, une réunion de la Médiation internationale s’est tenue, le mercredi 16 avril dernier. Il avait surtout été question, lors de cette réunion, de faire un état d’avancement de la mise en œuvre de l’Accord de paix, en particulier de ses aspects institutionnels et sécuritaires.

A l’en croire, cette réunion a été l’occasion pour la Médiation internationale de renouveler son engagement envers le processus de paix, notamment dans un contexte marqué par la crise sanitaire du Covid-19. C’est ainsi qu’il a été question de la possibilité de reprendre les travaux du CSA le plus rapidement possible, à distance, en vidéoconférence. Rappelons que la 39e session du Comité de Suivi de l’Accord (CSA) devait se tenir le 23 mars dernier avant d’être reportée à cause de la menace suscitée par le Coronavirus. Selon le chef de la MINUSMA, l’impératif est de reprendre rapidement les travaux du CSA afin de lever certains obstacles qui se dressent face à la bonne mise en œuvre de l’accord. Parmi ces obstacles, on peut citer notamment la crise de leadership au sein de la Plateforme désormais divisées en deux parties, réclamant chacune une représentativité dans les organes de mise en œuvre de l’accord en particulier le CSA. L’autre point objet de blocage c’est le coup d’arrêt que connait le déploiement des premières unités de l’armée reconstituée.

Par ailleurs, l’occasion a été aussi mise à profit par Mahamat Saleh Annadif pour évoquer la crise sanitaire qui règne avec l’apparition du Coronavirus au Mali depuis le 25 mars dernier. D’après lui, la MINUSMA a aussi connu ses deux premiers cas dont l’un vient d’être testé négatif. Ainsi, afin de ne pas être un vecteur de transmission et de propagation du Covid-19 au Mali, a réajusté certaines de ses interventions. A cet effet, depuis l’apparition des premiers cas au Mali, la majorité des agents de la mission travaille à partir de leurs lieux de résidence. Quelques-uns, pour des raisons médicales, ont préféré rejoindre leurs familles. D’autres, pour des raisons pas nécessairement familiales, ont également pu, grâce à des arrangements avec leurs ambassades, rejoindre leurs lieux de résidence habituels mais ils continuent à travailler à distance comme s’ils étaient physiquement présents à la MINUSMA.

Au sein des différents bureaux de la mission, les équipes ont été allégées au maximum dans la mesure où 80 à 90% d’entre eux travaillent à partir de leurs maisons. Les seuls qui sont obligés d’être à leurs postes sont les conducteurs, les mécaniciens et le personnel médical de la mission. Selon lui, tout est mis en œuvre pour que l’incidence du Covid-19 ne puisse pas arrêter l’activité de la MINUSMA.

Dans la foulée, tous les vols pour le transport des passagers ont été suspendus. Seuls ceux assurant l’approvisionnement des fonctionnaires de la mission et les cargos à destination des régions sont maintenus. Une exception est aussi faite au Service aérien humanitaire des Nations Unies (UNHAS) pour des vols humanitaires. C’est ce même service qui transporte également vers Bamako les prélèvements des cas déclarés positifs au Covid-19. Mahamat Saleh Annadif a aussi émis l’espoir que l’on puisse dépasser rapidement cette situation qui affecte de nombreuses activités. Il a cité en exemple les cas des régions de Tombouctou, Gao et de Kidal qui se retrouvent aujourd’hui confrontées à de nombreuses difficultés engendrées par la fermeture des frontières des pays voisins comme l’Algérie, le Niger, la Mauritanie.

Massiré DIOP

Source : l’Indépendant