ven. Août 14th, 2020

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Culture du chanvre industriel au Mali: Le mal coupé à la racine

Ces derniers temps, une polémique a été soulevée sur la décision n° 141/ MSPC-SG du 28 février 2017 du ministère de la Sécurité et de la Protection civile autorisant la culture du chanvre industriel au Mali. Pourtant, cette décision est conforme aux dispositions de la Convention de Genève sur les Stupéfiants de 1961 ratifiées par la majorité des Etats du monde dont le Mali. Dans ce document, il est stipulé que la culture de chanvre industriel est destinée à des usages médicinaux.

Toutefois, il est indiqué qu’avant de procéder à cette culture, il est nécessaire de mettre en place une commission destinée à la contrôler et à l’encadrer. C’est donc sur cette base légale que le ministère en charge de la Sécurité a autorisé la culture du chanvre industriel au Mali avec la nécessité pour les exploitants de souscrire à un cahier de charges.

Ainsi, l’autorisation délivrée devait aboutir à la culture de produits de synthèse à des fins médicinales. Raison pour laquelle la décision n°2018-249 avait été prise par le ministère de la Sécurité, le 5 mars 2018, afin d’y apporter ces précisions de taille.

Signalons que comme stipulé dans le cahier de charges, la structure d’exploitation du chanvre industriel devrait faire l’objet d’inspections régulières dans le but de veiller aux normes établies. Cependant, de graves irrégularités ont été décelées par les services techniques compétents du département de la sécurité.

C’est ainsi que le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a jugé utile de mettre fin sans délai à toute activité de culture industrielle de chanvre. D’où la décision n°0231/MSPCSG du 25 février 2020 portant retrait d’autorisation de culture et de production de chanvre industriel au Mali. Cela, à travers la décision n°0231/MSPC-SG du 25 février 2020 abrogeant les dispositions des deux premières (décisions).

Il convient de préciser que cette décision a été prise au moment opportun puisqu’elle est intervenue avant même que la société ayant remporté le marché ne démarre ses activités. C’est dire que le mal a donc été coupé à la racine pour permettre au Mali de se conformer aux dispositions de la Convention unique sur les stupéfiants de Genève adoptée en 1961 et le Protocole de 1972 portant amendement du premier texte.

Massiré Diop

Source : l’Indépendant