ven. Nov 27th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Le rassemblement annoncé par la plate-forme « Nous le peuple  » qui compte parmi ses membres la Jeunesse EPM (majorité présidentielle) pour samedi 13 juin, en soutien aux institutions de la République, a été annulé in extremis à la demande de son principal bénéficiaire, le président IBK, si l’on en croit l’un de ses animateurs, le prêcheur Chouala Bayaya Haïdara.

Motif : il ne sied pas que le premier responsable de l’Etat cautionne une initiative de nature à favoriser de façon exponentielle la propagation de la pandémie Covid-19 au Mali. Ce qu’il n’a pas cru devoir ajouter et qui est tout à son honneur, c’est que, par cette annulation, il évite une aggravation de la tension sociale pouvant basculer le pays dans une spirale de la violence aux conséquences imprévisibles. Sa décision, toute de sagesse, ajourne cette éventualité, mais ne la supprime pas.

Le Mouvement du 5 juin, Rassemblement des Forces Patriotiques (M5 RFP) s’élargit et se renforce à une vitesse météorique. Entre la mise en place de la troïka CMAS-FSD-EMK, le 26 mai et ce jour 12 juin, plus de cent partis politiques et associations de la société civile ont signé  » la Déclaration  » lui servant d’acte fondateur et la liste s’allonge au quotidien. Elle vient de s’enrichir des noms prestigieux de Mme Sy Kadiatou Sow, la présidente du Mouvement  » Aw ko Mali dron  » et de l’ADEMA Association, Cheick Modibo Diarra (3ème à la présidentielle de 2018) et Modibo Sidibé (Fare Anka Wili) tous deux anciens premiers ministres.

Ce nouvel acteur de la scène politique fait figure de favori face à Ensemble pour le Mali (EPM) la majorité présidentielle qui s’étiole dans le sillage du RPM, le parti du président, déboussolé et anéanti par le dernier camouflet d’IBK ayant consisté à désavouer son candidat pour la présidence de l’Assemblée nationale, Mamadou Diarrassouba, au profit de Moussa Timbiné, élu repêché par la Cour constitutionnelle.

Le M5 RFP entend pleinement exploiter la dynamique en sa faveur et imposer  » la démission du président IBK et de son régime  » et l’on ne voit pas comment ce dernier pourrait l’en empêcher si ce n’est en recourant à la répression par les forces de l’ordre, ce qui pourrait constituer un pis-aller.

Les leaders musulmans et chrétiens, restés en marge de ce soulèvement politico-social de grande ampleur, ont offert hier leur médiation afin d’éviter au pays le chaos. Mais le manque de confiance des initiateurs du mouvement au président IBK et en ses capacités à sortir le Mali du bourbier réduit leur chance d’être écoutés.

La communauté internationale apparait ainsi comme l’unique recours pour éviter un changement trop brutal. Sa double rencontre la semaine dernière avec le président de la République et deux acteurs clé du noyau originel du M5 RFP avait suscité l’espoir d’un règlement pacifique passant par la dissolution de la nouvelle Assemblée nationale et l’auto-dissolution de la Cour constitutionnelle. Il s’est, hélas, vite estompé. Laissant les Maliens dans le désarroi face à leur proche devenir.

Saouti HAIDARA

Source : l’Indépendant