mer. Nov 25th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Résolution de la crise socio- politique: Le M5-RFP rejette les propositions de la CEDEAO et campe sur sa demande de «démission du président IBK et de son régime»

Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), réclamant la démission du régime IBK, rejette les propositions de sortie de crise faites par une mission de la CEDEAO. La coalition, qui a tenu son second rassemblement le 19 juin dernier, réitère son exigence de voir IBK et son régime démissionner.

Une mission ministérielle ouest-africaine, arrivée à Bamako le 18 juin, tente de trouver une solution à la crise socio-politique. Elle est conduite par Kalla Ankourao, ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur de la République du Niger. Elle a, à l’issue de ses rencontres avec les différents acteurs, fait des propositions de sortie de crise.

Elle rappelle qu’il est  » important d’éviter une autre crise qui engendrerait des complications additionnelles « . A cet égard, elle  » appelle au respect des institutions de la République  » et  » invite les parties prenantes à privilégier le dialogue et la concertation « .

La délégation sous-régionale considère que l’Arrêt de Cour constitutionnelle relatif aux dernières législatives est à la base de la crispation sociopolitique. C’est pourquoi elle  » invite le gouvernement à reconsidérer les résultats de toutes les circonscriptions ayant fait l’objet de révision par l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle ». « De nouvelles élections partielles pour les circonscriptions concernées devraient être organisées dans les meilleurs délais « , précise-t-elle dans son communiqué de presse dont une copie est parvenue à notre rédaction.

La mission y propose aussi la mise en place d’un gouvernement consensuel d’Union nationale, la relecture des textes régissant la Cour Constitutionnelle, la révision de la Constitution et du Code électoral ainsi que la poursuite de la mise en œuvre des conclusions du Dialogue National Inclusif, entre autres. Elle n’exclut pas non plus la création d’un mécanisme de suivi avec la participation de la Commission de la CEDEAO.

Le M5-RFP, en réponse, rejette ces propositions qui  » ne tiennent aucunement compte de la source de tous les maux et toutes les crises au Mali « . Il s’agit, explique-t-il,  » de la mauvaise gouvernance, la corruption et la violation des principes républicains et démocratiques dont le Président Ibrahim Boubacar Keita est le seul et unique responsable « .

Selon les contestataires, l’idée d’élections partielles proposée par la mission ministérielle est  » illégalité et occulte la teneur des conclusions du 18 octobre 2018 de la CEDEAO elle-même « . Ils indiquent que leur communiqué de presse ne tient également pas compte de la non-participation d’une bonne partie des acteurs politiques et sociaux au Dialogue National Inclusif et aux législatives, aux tripatouillages organisationnels et aux arrangements douteux du 1er tour.

Le M5-RFP se dit non favorable à un gouvernement d’union nationale dont il  » n’est ni demandeur, ni preneur « . Il estime que cela  » ne saurait résoudre les problèmes du Mali « . Le Mouvement reproche à la mission de la CEDEAO de ne pas faire mention de son objectif ultime qui est  » la refondation du Mali ».

A cet effet, la coalition annonce un point de presse pour cet après-midi, réitère sa demande de démission du Président IBK et de son régime. Elle réaffirme sa « détermination à user de tous les moyens légaux et légitimes pour l’atteinte de cet objectif ».

Moussa Sayon CAMARA

Source : l’Indépendant