lun. Oct 26th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Mise en place des organes de la transition: Moctar Ouane nommé Premier ministre au détriment des 14 potentiels candidats du M5-RFP

L’ancien ministre des Affaires Etrangères Moctar Ouane a été nommé, hier dimanche, Premier ministre de la Transition. Sa nomination, qui intervient deux jours après l’investiture du président de la transition, s’est faite au détriment de 14 candidats du M5-RFP dont certains se disent  » surpris « .

Cette nomination, officialisée hier par la publication d’un décret signé du président Bah N’Daw, fait suite à une rude tractation. Elle a été entérinée, selon une source confidentielle, dans la nuit du samedi 26 septembre, à la suite d’un entretien nocturne entre Moctar Ouane et des responsables du CNSP puis avec le président de Transition.

Le nouveau Premier ministre, qui a été ministre des Affaires Etrangères sous ATT, a été désigné, selon une autre source, après le refus d’Abdoulaye Idrissa Maïga, ancien Premier ministre d’IBK. Plusieurs autres noms étaient sur la liste, notamment les 14 candidats du M5-RFP. Ce mouvement, qui a décidé de ne pas fournir trois candidats, comme demandé par le CNSP, par peur de créer la polémique en son sein, avait donné le libre choix à tous ses membres, désireux d’être Premier ministre, de déposer leurs dossiers. Lesquels au nombre de 14 ont été remis, dans la matinée du samedi 26 septembre, au CNSP, à Kati.

Les plus connus parmi ces candidats sont Me Mountaga Tall (CNID-FYT), Cheick Oumar Sissoko (EMK), Me Demba Traoré (URD), Modibo Koné (ex-PDG de la CMDT), Modibo Kadjoké (APMMaliko) et Issa Kaou N’Djim (CMAS), même si ce dernier s’est retiré plus tard. De grandes figures de la contestation comme Mme Sy Kadiatou Sow, l’ex-Premier ministre Modibo Sidibé, Pr. Clément Dembélé, Moussa Sinko Coulibaly, Pr. Ikassa Maïga et, surtout, Choguel Kokalla Maïga, ne se sont pas portés candidats.

Ce dernier, qui est président du Comité stratégique du M5, a refusé de se porter candidat pour la Primature parce qu’il trouve anormal de donner ses dossiers au CNSP, qui est normalement dissout après l’investiture du président de la transition. Au-delà de sa propre personne, l’ancien porte-parole du gouvernement était contre l’idée d’envoyer des dossiers de candidature à la junte.

La nomination de Moctar Ouane, technocrate et diplomate, qui n’est ni du M5-RFP ni de l’ancienne majorité présidentielle, fait réagir. Le cinéaste Cheick Oumar Sissoko, qui a été désigné par EMK comme candidat au poste de Premier ministre, a exprimé, hier, à L’Indépendant  » son étonnement et sa surprise « . Selon lui,  » les engagements n’ont pas été honorés vis-à-vis du M5, qui devait avoir l’un de ses membres à la Primature « . Il précise que le comité stratégique se réunira pour examiner la situation même si, révèle-t-il  » Moctar Ouane est un candidat de l’imam Mahmoud Dicko « . Une assemblée générale de  »EMK » est annoncé pour ce lundi, en vue de se pencher sur la question.

Le nouveau Chef du gouvernement, âgé de 64 ans, a été Ambassadeur et Représentant permanent de la Mission permanente du Mali auprès des Nations Unies à New York. Il a été aussi Conseiller diplomatique de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Il était jusqu’à sa nomination Délégué général à la Paix et à la Sécurité auprès de la même organisation. Son gouvernement est attendu d’ici demain mardi 29 septembre, selon le Conseil Supérieur de la Diaspora (CSDM), dont le président a siégé au sein du collège censé désigner le président et le vice-président de la transition.

Moussa Sayon CAMARA

Source : l’Indépendant