jeu. Oct 22nd, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Fêtes anniversaires au Mali: Entre dépravation des mœurs et escroquerie 

Les Anniversaires au Mali se fêtent depuis des lustres maintenant. Mais ces derniers temps, les célébrations, dans les bars, restaurants ou appartements meublés,  occasionnent des libations des jeunes qui déroutent, entre absorption de l’alcool à flot, de Chicha et de Drogue, en raison des substances hallucinogènes qui y sont monnaie courante.

Depuis quelques temps, dans la capitale malienne, nombreux sont les jeunes qui s’adonnent à de multiples actes illicites, à la limite de la décence,  juste pour fêter leur propre anniversaire et celui des autres. Très souvent ils  se regroupent autour d’un ou de plusieurs gâteaux, s’offrent des cadeaux luxueux. Loin des proches, certains jeunes se livrent à des actes inqualifiables de dépravation des mœurs.

Pour Aminata El Bechir, une étudiante de 20 ans, son anniversaire est une occasion unique où elle trouve beaucoup de plaisir à le commémorer avec ses proches. A ses dires, très souvent elle organise une fête en grande pompe avec ses amis, histoire de se retrouver et de partager leurs délires communs, sans les nommer. En outre, elle prépare cette célébration en petit comité, qui revient ainsi  moins couteuse. Elle affirme que ce moment est le plus attendu pour elle, symbolique, important, voire spécial, car avoir un an de plus est une expérience unique et  constitue un moment nécessaire dans le renforcement des liens sociaux et surtout la création d’un bon album photos souvenir. Rien à redire, les activités prévues n’ont ici rien d’immorales.

Brahima Kader Ballo est cependant d’un avis contraire. Aviculteur, il estime que faire de la fixation sur un anniversaire est une perte de temps et d’argent, car celui qu’il faut remercier et glorifier est le tout puissant, en se faisant des douas [vœux] et des prières. Il soutient qu’il est déplorable de voir tant d’extravagances et de gaspillages en une seule journée, car il ne se rappelle son anniversaire que lorsqu’on lui envoie un message sur son compte Facebook.

Loin de cette sagesse, on retrouve une personne qui y puise de l’extase et qui pense que c’est un moment indispensable et une nouvelle source de jouissance financière aux dépens des différents prétendants.

C’est l’avis de MK, une jeune caissière de supermarché et aussi, hélas, du plus grand nombre de jeunes de nos jours, comme on a pu le constater. Elle affirme que  » l’impossible est possible  » un jour d’anniversaire, car elle organise une très grande fête dans un très joli restaurant, ou dans un appartement meublé et loué pour la circonstance, le tout  dans une  » chaude  » ambiance tamisée, sur fonds musical «  endiablé « .

MK soutient,  qu’en ce qui la concerne, toutes les dépenses sont prises en charge par son copain et que dans le cas contraire elle s’offre de nouvelles rencontres lui permettant d’assurer la tenue de sa soirée et les victuailles qui agrémenteront la soirée. MK va plus loin, elle affirme que parfois ses amies et elle inventent un anniversaire   » imaginaire « , occasion de soutirer d’importantes sommes au nouvel amant, sous le prétexte d’assurer les dépenses liées à la commémoration dudit anniversaire. Souvent, elles reçoivent des cadeaux très luxueux (moto, téléphone, IPhone ou même de nouveaux habits) qui leurs permettent d’être au-devant de la scène et de paraître mieux que les autres filles de leur génération.

 » Je dois   faire en sorte que cette journée  soit à la fois spéciale et inoubliable  » a-t-elle conclu. Pour le sociologue Bamoussa Coulibaly, les fêtes d’anniversaire s’ajoutent désormais aux évènements sociaux majeurs dont la célébration  occasionne des dépenses et des excès surtout pour la jeunesse. Pour lui, les anniversaires sont en train de ravir la vedette aux activités traditionnelles de réjouissance dans la population juvénile.

De nos jours ce qui est inquiétant, c’est l’ampleur que prend de plus en plus cette célébration dans un contexte de crise économique, qui frappe surtout les moins de 40 ans confrontés au chômage et à la précarité. La grande majorité de ceux-là sont des jeunes scolaires et des universitaires et souvent pour avoir de l’argent certains sont prêts à signer un  » pacte  » avec le diable.

Ce qui peut réserver des surprises désagréables les lendemains de fêtes. Il conclut que cela est dû pour une grande part à l’influence des feuilletons occidentaux, surtout ceux d’Amérique du Sud et aux réseaux sociaux comme Facebook, qui rappellent les dates et attirent  l’attention de toute la chaine des relations sur l’anniversaire d’un ami commun. Sans compter que cela peut parfois entrainer une concurrence ou une rivalité entre les jeunes et mener très loin dans la dépravation des mœurs ou pis à des actes crapuleux pour assouvir des instincts inassouvis et condamnables.

Awa Doumbia Stagiaire

Source: l’Indépendant