sam. Nov 28th, 2020

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Pour une gifle mortelle sur sa femme: Madou Sidibé prend cinq ans d’emprisonnement, dont 2 ans avec sursis

Entre autres affaires inscrites au rôle, notre attention a été retenue, le vendredi 2 octobre, par l’affaire concernant Madou Sidibé, jugé pour  » coups mortels  » sur son épouse, courant 2016, à Diola. A l’origine de ce drame, l’accusé aurait trouvé son épouse en situation équivoque avec son propre frère dans son lit conjugal.  A l’issue de l’audience, il a été condamné à cinq d’emprisonnement dont deux années avec  sursis.

Selon les informations résultant de l’arrêt de renvoi de l’affaire devant la Cour d’assises de Bamako, c’est courant octobre 2016, à Diola (cercle de Kati), que Madou Sidibé, après avoir passé le début de la soirée autour du thé, en compagnie de son jeune frère, Oumar Sidibé, décida, vers 21h, de rejoindre sa deuxième épouse.

Quelque temps plus tard, il quittera la chambre de celle-là pour aller chercher des affaires dans celle de l’autre épouse et trouva son frère Oumar et sa femme sur son lit conjugal. Stupéfait, Madou fera demi-tour pour s’installer sur une chaise, dans la cour. Le cocu appellera ensuite sa femme pour lui faire des réprimandes. Au lieu de s’amender, celle-là aurait rabroué son époux qui, piqué au vif, lui envoya une gifle très appuyée au visage. La violence du coup envoya l’épouse à terre et elle ne s’en relèvera plus.

Tandis qu’Oumar Sidibé, l’autre protagoniste de l’affaire, se fondait dans la nature, Madou Sidibé, le mari trompé, s’inquiétait de l’inertie prolongée de sa femme. Il alla ainsi demander de l’aide auprès de ses amis.

La femme fut transportée sur une moto au Centre de Santé de Sénou (cercle de Kati). C’est un corps sans vie que recevra le médecin.

Devant la Cour, l’accusé reconnaitra avoir donné une seule gifle à sa femme après l’avoir surprise avec son frère, enveloppé d’une simple serviette.

Après qu’il eut confié être marié depuis 24 ans avec sa première épouse, la Cour voulut s’assurer s’il s’acquittait convenablement de son devoir conjugal. Sa réponse, sans ambages, indiqua clairement que « ses deux épouses étaient toutes satisfaites de lui ».

Comparaissant pour donner sa version des faits, le frère Oumar Sidibé déclarera qu’il était bel et bien dans la chambre de l’épouse de son frère, la nuit des faits. Mais il rejettera les propos de son frère relatifs aux faits qu’il était en serviette et qu’il a couché avec sa belle-sœur. A l’en croire, il n’a pas touché à la femme de son frère. A l’appui de ses dires, il soulignera que les enfants de son frère étaient d’ailleurs dans la chambre. Mais, à la question de savoir qu’est-ce qu’il cherchait exactement à cette heure-ci de la nuit dans la chambre de l’épouse de son frère. Il n’a pas pu donner une réponse satisfaisante à la Cour.

Cependant, au cours de l’audience, le président de la Cour informera que la dame qui a été commise pour laver le corps de la défunte révèlera à la gendarmerie qu’elle n’a vu aucune trace de blessure sur son corps.

Dans son réquisitoire, le parquet a requis la condamnation de l’accusé conformément à l’article 202 du Code Pénal. Quant à Me Abdoulaye Haïdara, assurant la défense, il expliquera que n’importe quel mari, qui aurait trouvé sa femme dans telle situation, n’aurait pu se contenir. Ainsi, il demandera à la Cour de requalifier les faits en  » coups et blessures involontaires « , en requérant une condamnation à une peine de sursis pour son client afin qu’il retrouve sa famille.

La Cour a reconnu Madou Sidibé coupable des faits de  » coups mortels  » et l’a condamné, dans sa mansuétude, à cinq ans de prison, dont deux années avec sursis.

Oumar BARRY

Source : l’Indépendant