sam. Oct 24th, 2020

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Violences basées sur le genre (VBG): L’APSEF sensibilise les autorités communales et villageoises de Kati

La salle de conférence de la préfecture de Kati a abrité, du mercredi 30 septembre au vendredi 2 octobre derniers, les travaux de l’atelier de formation des autorités communales et villageoises de la commune sur les violences basées sur le genre (VBG) et les mécanismes de protection contre la Covid-19. Une activité qui entre dans le cadre du projet de promotion des approches communautaires, de prévention et de transformation des normes sociales liées aux mutilations génitales féminines, aux mariages d’enfants et autres formes de violences basées sur le genre adaptées au contexte de la Covid-19. Un projet que mène l’association pour la promotion des droits et du bien-être de la famille (APSEF) en partenariat avec l’UNICEF dans le cadre de l’initiative Spotlight dans 102 villages du cercle de Kati et 21 secteurs de la CVI du district de Bamako.

Selon Mme Coulibaly Aïssata Tembely, coordinatrice au sein de l’APSEF sur le programme promotion des approches communautaires, prévention et transformation des normes sociales, cette formation s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités des autorités communales et villageoises de la commune urbaine de Kati.

La problématique de la santé sexuelle et reproductive, les violences basées sur le genre, les droits de l’enfant et de la femme, les pratiques traditionnelles néfastes comme l’excision, le mariage d’enfants et d’autres formes de VBG en lien avec la Covid-19 sont, entre autres, les différentes thématiques qui ont été développés au cours de cette formation de trois jours.

Ces pratiques traditionnelles, selon Lucien Dembélé, agent à l’APSEF, sont très néfastes sur la santé de la femme et de l’enfant. Il cite à cet égard le cas de l’excision comme exemple et qui, par définition, est une action qui consiste à couper une partie de l’organe génital féminin. Beaucoup de femmes rencontrent des difficultés au moment de l’accouchement à cause de l’ablation de cette partie de l’organe génital qui est aussi utile pour la reproduction.  L’excision selon M. Dembélé, peut entrainer des conséquences immédiates et des conséquences à long terme sur la santé de la femme et de l’enfant.

 » Quand on parle de couper un organe déjà, tout de suite ce qui s’en suit c’est la douleur, le saignement. A long terme, cela peut provoquer des complications au moment de l’accouchement et aussi à moyen terme, des infections génitales. Et la cicatrisation de la plaie si elle n’est pas bien faite, cela peut donner aussi des kystes « .

Ces pratiques, selon l’agent de l’APSEF, continuent encore de nos jours et causent des dommages incommensurables dans notre société. C’est pour cela que l’APSEF, en partenariat avec l’UNICEF, dans le cadre de l’initiative Spotlight, essaye de sensibiliser la communauté pour arriver à mettre un terme à ces pratiques.

Cela, conformément aux recommandations de l’Etat, qui n’a pas, jusqu’à présent, pu légiférer par rapport à ces pratiques.

Celui-ci a, en effet, proposé qu’on adopte la stratégie de sensibilisation pour amener les communautés à mieux comprendre les inconvénients de ces pratiques pour atteindre le changement. Il a aussi préconisé de « mener des plaidoyers auprès des instances de prise de décision  pour arriver à transformer les normes qui maintiennent ces pratiques« .

La tenue de la présente formation a été saluée à sa juste valeur par le préfet de Kati Harouna Diarra et le coordinateur des chefs de quartier, Tiécoura Koné qui ont souhaité que cette collaboration qui vient ainsi de naitre puisse être pérennisée, pour qu’ensemble l’on puisse éradiquer ces pratiques dignes d’un autre siècle.

L’initiative Spotlight, faut-il le rappeler, est un programme international financé par l’UNICEF, qui vise à réduire les VBG. Elle concerne 5 continents et 8 pays africains dont le Mali où elle sera mise en œuvre dans les régions  de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, plus le district de Bamako.

Ramata S KEITA

Source: l’Indépendant