sam. Nov 28th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Le M5-RFP à propos du nouvel attelage gouvernemental:  » Le nouveau gouvernement n’est porteur ni de la rupture avec le système d’IBK ni du changement auquel le peuple aspire « 

Le Comité stratégique du Mouvement du 5 Juin a réagi, dans la soirée du mardi 6 octobre, à la formation du nouveau gouvernement. Cette coalition dit n’avoir «aucun représentant» dans ledit gouvernement et estime qu’ «il n’est porteur ni de la rupture avec l’ancien système, ni du changement voulu par le peuple malien».

Les malentendus entre le CNSP et le M5-RFP se poursuivent encore, après la controverse autour de la désignation du président etdu vice-président de la Transition. La formation du gouvernement, censée apaiser le Mouvement, fait au contraire rebondir la polémique entre les deux entités.

Le M5-RFP, dont les experts ont été plusieurs fois consultés par le Premier ministre, révèle, en effet, n’avoir  » aucun représentant dans le gouvernement  » mis en place le lundi 5 octobre dernier. Il précise que sa délégation a été mise en attente jusqu’à l’annonce-surprise de la composition du nouveau gouvernement.

Toutefois, même si cette coalition n’est pas officiellement représentée dans le nouvel attelage gouvernemental, trois de ses membres y figurent. Lesquels, cependant, ne peuvent, selon Dr Choguel Kokalla Maïga,  » se réclamer du mouvement ou prétendre agir en son nom « .

Il s’agit de Hamadoun Touré (membre d’Espoir Mali Koura), Mohamed Salia Touré et Mohamed Coulibaly (tous deux membres de la CMAS de l’imam Mahmoud Dicko). Le premier a hérité du département de la Communication et de l’Economie numérique. Le second détient le portefeuille de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Le troisième est en charge du ministère de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les institutions.

La loi sur le genre violée

Le Mouvement du 5 Juin, qui dénonce sa mise à l’écart, rappelle qu’il  » n’est pas dans un combat de positionnements « . Il avait ainsi rappelé avoir rejeté, à l’époque, la demande d’IBK d’intégrer le gouvernement d’union nationale. Se fondant sur cette légitimité, il indique que  » le nouveau gouvernement n’est porteur ni de la rupture avec le système qu’il a combattu, ni du changement auquel le peuple malien aspire et pour lequel il a consenti le sacrifie ultime : le sang de ses Martyrs, pour lesquels justice doit être rendue sans délai « .

De plus, il a fait remarquer que  » la composition du gouvernement viole aussi la loi sur la promotion du genre « . Aussi, regrette-t-il,  » d’avoir été incompris et de n’avoir pas été pris en compte, ni au moment des concertations nationales sur la Transition, ni pour la désignation du Président et celle du Premier ministre de Transition et encore moins pour la mise en place du gouvernement « .

 » Tentatives répétées de marginalisation « 

Ce Mouvement avait rejeté, en son temps, la Charte de la Transition, issue des concertations nationales, dénonçant  » un document qui ne reflète pas les délibérations des groupes de travail « . Il n’avait pas pu aussi siéger dans le collège censé designer le Président et le Vice-président de la Transition. Moctar Ouane a été également nommé Premier ministre au détriment des 14 candidats du M5-RFP. Toute chose qui a fait dire à Cheick Oumar Sissoko, Coordinateur de EMK, que  » le mouvement n’a pas été marginalisé mais dribblé « . En dépit de ces  » tentatives répétées de marginalisation  » et conscient de ses responsabilités, le M5-RFP, dans son communiqué, daté du 6 octobre, réaffirme sa détermination à faire aboutir son combat pour un Mali nouveau. Il appelle, à cet effet,  » ses militants et sympathisants à rester mobilisés dans l’attente de ses mots d’ordre pour une rupture véritable avec l’ancien système, pour un changement réel par la Refondation du Mali « . Un point de presse est annoncé pour ce jeudi.

Moussa Sayon CAMARA

Source : l’Indépendant