ven. Déc 4th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Plainte du promoteur de foodstop-sarl contre la BICIM autour d’une créance impayée: Le tribunal de la commune III statuera ce vendredi Amadou Gagny Lah court le risque d’être déclaré persona non grata dans les banques du Mali

L’opérateur économique Amadou Gagny Lah, promoteur des sociétés Petrogeo-SARL et Foodstop SARL a assigné, devant le tribunal de Grande instance de la commune III, la BICIM  » aux fins de réparation de préjudices  » faisant suite à la publication par la presse et les réseaux sociaux d’une correspondance du SYNABEF adressée au Procureur général de la République pour une créance de 3 milliards de FCFA en souffrance auprès de ce client. Le tribunal statuera ce vendredi 23 octobre sur la requête du sieur Lah, qui réclame 500 millions de FCFA de dommages et intérêts. Le secrétaire général du SYNABEF se dit confiant et soutient que « ce client se comporte en délinquant financier et fait l’objet de deux procédures judiciaires, une civile pour recouvrement et l’autre pénale pour dissimulation de gages [plus de 20 camions et plus de 20 citernes] dans cette même affaire « .

Dans un entretien qu’il a bien voulu nous accordé le lundi 19 octobre, le secrétaire général du SYNABEF ans un entretien qu’il a bien voulu nous accordé le lundi 19 octobre, le secrétaire général du SYNABEF Hamadoun Bah, par ailleurs cadre de la BICIM, a accepté d’évoquer les contours de cette affaire juridico-judiciaire entre sa banque et l’un de ses clients, Amadou Gagny Lah. En effet, c’est courant 2016 que la BICIM SA a accordé un prêt commercial autour de 3 milliards de FCFA à la société Petrogeo SARL représenté au Mali par Foodstop-SARL dont le PDG est Amadou Gagny Lah.

Il a ainsi acquis plus de 20 camions remorques et plus de 20 citernes, qui faisaient partie des gages pour le prêt contracté. Par la suite, le client ne respectant pas ses engagements contractuels, en 2018 la BICIM était obligée d’engager une procédure civile de recouvrement auprès du tribunal de commerce. En 2019, la banque a cherché à réaliser les garanties et s’est rendu compte que les gages ont disparu. Selon le secrétaire général du SYNABEF, l’huissier commis  » a constaté une dissimulation volontaire des gages par le client « . Ce qui a conduit à une procédure pénale. Or, selon le syndicaliste, aucune des deux procédures n’avançait car le  » client profitait de son statut privilégié auprès de l’ancien régime. C’est pourquoi, nous avons saisi le procureur du pôle économique et financier et nous ne savons pas comment notre lettre s’est retrouvée sur la place publique « .

En saisissant le procureur sur une affaire de prêt d’un client, le syndicat a-t-il outrepassé ses missions ? Pour le secrétaire général, l’article 20 de la Constitution du Mali est clair :  » La liberté syndicale est garantie. Les syndicats exercent leurs activités sans contrainte et sans limite autres que celles prévues par la loi « . Et d’ajouter :  » le syndicat a le devoir de défendre son outil de travail qu’est l’entreprise, quand l’outil de travail est menacé, le travail est menacé, les acquis sont menacés. Notre syndicat l’a dejà fait dans les affaires BMS-WAIC et Cissé technologie. Nous sommes en train de dénoncer la mauvaise gestion dans beaucoup d’entreprises. Pour ce qui concerne Amadou Gagny Lah, nous nous sommes saisis du dossier, non pas parce que nous voulons nuire à un client, mais parce que nous avons à faire à un homme d’affaire qui se comporte comme un délinquant financier. Il s’engage et les gages il les fait disparaitre. C’est ça le problème ».

En effet, explique-t-il,  » la banque lui a accordé un prêt avec des garanties parmi lesquelles des gages constitués de citernes et de remorques. Il est précisé aussi que celui qui emprunte à l’obligation d’entretenir les biens gagés. Par un acte d’huissier nous avons constaté qu’ils ont tous disparu, il y a eu de la dissimulation. Donc l’affaire, qui était déjà au civil pour recouvrement, est passé au pénal car, selon la loi, même une tentative de dissimulation est passible de prison à forte raison sa réalisation. Il y a eu même un mandat d’amener contre lui en 2019 qui n’a pas été exécuté. C’est parce que l’affaire est allée au pénal et ça ne bougeait pas que le syndicat s’est saisi du dossier pour défendre les intérêts de l’entreprise. Nous allons vers la fin de l’année, tant que nous ne recouvrons pas nous créances, cela nous pénalise, impacte sur nos résultats et bien évidemment se répercute sur les emplois et les avantages des agents Donc c’est de notre droit d’agir.

Tout compte fait, il a enfreint la loi. Sinon il y a beaucoup d’autres clients même s’ils ne remboursent pas leurs prêts, les garanties et les gages sont sur place. La banque n’a pas de problèmes tant que les garanties et les gages sont sur place. On n’est pas là pour divulguer des secrets bancaires. Notre lettre a été adressée au procureur et non au public, si elle s’est retrouvée sur la place publique c’est pas de notre faite ». S’agissant de sa plainte, le secrétaire général signale que  » dans cette requête il relève que son entreprise va bien, donc c’est lui qui est un mauvais client car son entreprise va bien mais il ne paie pas ses créances à la banque « . Hamadoun Bah de renchérir que « dans les autres banques, je pense que les biens gagés ne sont pas encore dissimulés… Le syndicat va étudier son cas et écrire à toutes les banques de la place, d’être regardant spécifiquement sur ses dossiers et de cesser de travailler avec lui. S’il ne fait pas attention, il sera persona non grata dans toutes les banques. Et les banques qui vont s’entêter à travailler avec lui, s’il ne rembourse pas, le patron aura àffaire avec le Syndicat. Lui seul est entrain de gâcher les chances de beaucoup de clients. C’est pourquoi les banques sont souvent réticentes à financer l’économie, à cause des clients comme lui qui prennent l’argent des banques pour faire la belle vie, alors que c’est de l’argent d’autres clients confiés à la banque. Il nous narguait en nous disant d’amener l’affaire là où on peut à cause de ses soutiens. Suite à notre correspondance au procureur, une médiation pénale avait été engagée, on espère que cela va aboutir et qu’il remboursera  son prêt. ».

Y.CAMARA

Source : l’Indépendant