ven. Nov 27th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Quatre ans après le rapt de Jeffrey Woodke jamais retrouvé: Un autre américain enlevé dans la nuit de lundi à la frontière Mali-Niger

L’acte s’est produit dans la région de Tahoua, au nord du Niger. En effet, dans la nuit du lundi 26 au mardi 27 octobre, peu avant 2 heures du matin, des individus armés ont enlevé un ressortissant américain du nom de Philippe Walton. C’est la deuxième fois qu’un citoyen américain est enlevé dans ce pays qui connait aussi l’insécurité sévissant au Sahel du fait de sa proximité avec des foyers de violences comme la Libye, le Mali, le Burkina Faso et le Nigéria.

Selon Bruce Walton, le père de l’otage, qui vit au Niger depuis une trentaine d’années, son fils Philippe vivait dans le village de Massalata, dans la région de Tahoua, non loin de la frontière malienne.  Il y était avec sa femme et ses enfants. Bien qu’on ignore l’activité professionnelle que la victime exerçait, les autorités locales le décrivent comme un missionnaire qui s’est installé dans ce village avec sa famille depuis deux ans. Pourtant, cette zone qui est frontalière avec le Mali et le Nigéria est surtout connue comme un lieu de prédilection où sévissent des hommes armés de tous acabits y compris des extrémistes.

Toujours à en croire le récit du père de l’otage confirmé par des sources locales, son enlèvement a été perpétré par six hommes armés de kalachnikovs et évoluant sur des motos.

A l’intérieur de la maison de l’otage, ils n’ont trouvé qu’un montant de 20 000 FCFA.

L’on sait aussi que les ravisseurs s’exprimaient en haoussa avec des bribes d’anglais pour faire connaitre leurs intentions.

Cet enlèvement, deuxième du genre d’un ressortissant américain au Niger, a été confirmé par le département d’Etat à Washington. Pour l’heure, la mesure annoncée est la collaboration avec les autorités locales pour tenter de le retrouver. Signalons également que les Etats Unis disposent de bases de drones armés au Nord du Niger.

Cible privilégiée

Depuis un certain temps, les Etats Unis deviennent une cible privilégiée pour dans ce pays. C’est le lieu de rappeler l’enlèvement en octobre 2016, dans la même zone, d’un humanitaire américain du nom de Jeffrey Woodke. Il y a un an le président du Niger, Mahamadou Issoufou indiquait détenir des preuves de vie du citoyen américain trois ans après son enlèvement. Depuis lors, aucune nouvelle sur son sort n’est parvenue. Il faut ajouter à ces rapts l’embuscade de Tongo Tongo, localité située près de la frontière malienne, toujours au mois d’octobre, mais cette fois en 2017 où quatre soldats américains des forces spéciales et cinq militaires nigériens avaient été tués. Une attaque revendiquée par l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) dont certains éléments ont été aperçus dans d’autres combats avec les matériels militaires américains. Cette attaque continue à faire couler beaucoup d’encre dans la mesure où les Etats Unis soutenaient ne pas détenir de troupes au sol dans cette zone, alors qu’ils comptent près de 800 soldats dont tous ne s’occupent pas que des appareils volants.

Comme pour Jeffrey Woodke en 2016, l’on ignore encore les ravisseurs de Philippe Walton puisqu’aucune revendication de son rapt n’a encore été faite. A noter qu’outre les radicaux qui sévissent dans ces zones, il y a aussi des contrebandiers et de trafiquants en tous genres.

Cet enlèvement intervient dans un moment très particulier puisque le Quai d’Orsay vient de placer l’ensemble du Niger, à l’exception de la capitale,  » en zone rouge  » après l’attaque revendiquée par l’Etat Islamique dans un parc animalier non loin de Niamey où huit personnes dont six Français et deux Nigériens ont été tuées.

M.D

Source: l’Indépendant