sam. Nov 28th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Déçus des dérives au sein de leur parti: 14 cadres de Yelema démissionnent en CIV du district de Bamako

Le parti YELEMA (Le Changement) de l’ancien Premier ministre vient d’enregistrer une dizaine de démissions en Commune IV du district de Bamako. L’information a été donnée au cours d’un point de presse animé par Mamadou Baba Keïta, désormais ex-président de la Cellule du parti au quartier de Lafiabougou.  » Notre décision est motivée par la violation des textes à tous les niveaux du parti  » a-t-il justifié.

Cette nouvelle est tombée au moment où le président du parti Yelema (Le Changement), Moussa Mara était en tournée à l’intérieur du pays pour y animer des rencontres sur des sujets d’actualité. Il perd ainsi plusieurs de ses militants de sa propre base politique en Commune IV du district de Bamako. Il faut rappeler que depuis les dernières législatives de mars-avril, rien ne va plus entre le président du parti et certains de ses militants.

Selon l’ex-premier vice-président de la Cellule du parti en Commune IV, Mamadou Baba Keïta, le disfonctionnement au sein du parti dans sa localité a commencé lors de la désignation des candidats aux législations passées. A ses dires, la Cellule du parti au quartier de Lafiabougou avait adressé une lettre, à l’époque, aux instances du parti pour dénoncer la procédure de désignation des candidats dans commune IV.  » Cette désignation a été faite en violation des principes et valeurs de notre parti « , a-t-il regretté.

Et d’ajouter :  » Il faut noter que la validation des deux candidats (Mourra Mara et Assane Sidibé) s’est effectuée sans la présence des délégués du quartier de Lafiabougou car la séance avait été levée sans qu’un accord ne soit trouvé ». Aussi, explique-t-il,  » une seconde réunion de validation était prévue pour le samedi 8 septembre 2018 à 10 heures. Hélas, Moussa Mara a été désigné par la Cellule communale sans avoir participé aux primaires organisées par le quartier de Lafiabougou « .

Aussi, Mamadou Baba Keïta de soutenir que la cellule qu’il dirigeait à Lafiabougou avait dénoncé cette situation. Avant d’indiquer qu’ » il ne se reconnaîtra pas dans cette décision de la cellule communale et la rejeta purement et simplement « . Il a aussi  déclaré que « la cellule de quartier à Lafiabougou avait désigné aux primaires sa propre personne pour les élections des députés lors de leur assemblée et non Moussa Mara. «  Mais, Moussa Mara étant le président du parti n’a pas accepté cette décision et il s’est porté candidat avec Assane Sidibé. A l’entendre, l’ancien Premier ministre lui aurait promis d’autres postes et d’autres avantages en échange du retrait de sa candidature mais il n’a pas tenu sa parole.

Démission collective motivée

Le conférencier de préciser que lui et treize autres cadres de Yelema ont démissionné de toutes les instances et structures du parti conformément aux statuts et règlement intérieur. Et de renchérir :  » Militants et compagnons de lutte, depuis plusieurs années, nous avons voulu être respectueux des textes qui régissent le Parti Yelema, hélas, nous avons compris que c’est peine perdue « .

Pour lui, les principes et valeurs qui ont suscité la création du parti se sont étiolés au fil du temps.  » Nous avons bâti Yelema autour des valeurs suivantes : la vérité et la transparence, la responsabilisation de la base, l’intérêt public supérieur aux intérêts privés et à chacun selon ses mérites « , mais souligne-t-il.  » Après plusieurs années d’existence, nous avons malheureusement constaté que ces valeurs n’ont plus droit  de citer et cela malgré plusieurs promesses non tenues lors des confections des listes de candidature pour  les scrutins de l’élection communale ainsi que des législatives 2020 « .

Les quatorze démissionnaires sont Mamadou Baba Keïta, Teninkoma Doumbia, Ibrahim Samaké dit Sori, N’Faly Keïta, Mme HawaMahuiraga, Awa Keïta, Namakan Keïta, Amadou Traoré, Amara Traoré, Boufouné Konaté, Sanoussi Koné, Adama Camara, Bourama Sissoko et Sitan Keïta.

Ils n’ont pas encore choisi une destination pour leurs futures carrières politiques.

Daouda SANGARE

Source: l’Indépendant