mer. Nov 25th, 2020

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Jugé pour  » vol qualifié et association de malfaiteurs »: Salif Traoré condamné à la peine maximale

La Cour d’assises de Bamako, dans son audience d’hier jeudi 5 novembre, a condamné Salif Traoré à la peine de mort pour  » vol qualifié et association de malfaiteurs « . Cet homme, d’une vingtaine d’années, a échappé courant 2018 à la vindicte populaire à N’tabacoro.

l ressort de l’information qu’en octobre 2018 des braquages de motos se sont multipliés dans le quartier de N’Tabacoro, en commune VI du district de Bamako. C’est ainsi qu’au cours d’une opération, Souleymane Koné et Salif Traoré se sont rendus dans leur zone de prédilection pour vol. Ce jour-là, Souleymane Koné laissa à la porte Salif Traoré pour s’introduire dans une maison pour opérer le vol d’une moto. Mais, l’opération ayant mal tourné, le malfrat a pris ses jambes à son cou abandonnant son complice sur les lieux.

Désespéré, Salif Traoré a appelé de toutes ses forces son compagnon, trahissant ainsi sa présence. Guidée par ses cris, la foule se rua sur lui, lui mit le grappin et voulut le brûler vif. Heureusement, un policier de passage tomba sur la scène et le tira d’affaire. Puis le conduisit au Commissariat du 13è Arrondissement, à Yirimadio. Les recherches pour alpaguer son complice sont restées sans suite. Subséquemment saisi de la cause, le parquet décida alors de poursuivre Salif Traoré pour  » vol à main armée, association de malfaiteurs et complicité  » suivant l’article 253 du Code Pénal.

A la barre, l’accusé a nié les faits à lui reprochés. Il soutiendra qu’il a contacté Souleymane Koné pour lui vendre un tuyau  » DG « . Mais, ce dernier lui a demandé de l’accompagner à une commission rapide à N’Tabacoro.  » On est allés ensemble devant une maison à N’tabacoro. Il a garé la moto et je suis parti dans une boutique pour acheter du lait. C’est par la suite qu’il est ressorti en vitesse pour prendre la moto. Du coup, je me suis mis à l’appeler. Ainsi, je me suis fait arrêter par les populations des lieux. J’ai eu la vie sauve grâce à un policier, qui m’a remis au commissariat du 13è Arrondissement. Je ne suis pas voleur et je n’ai pas volé « , a-t-il tenté de faire croire à la Cour.

Devant la Cour, toutes les parties civiles (trois) ont identifié Salif Traoré comme faisant partie de la bande qui a subtilisé leurs motos. Du coup, ces victimes affirment l’avoir vu à visage découvert en compagnie d’une autre personne.

Dans son réquisitoire, le parquet étayera suffisamment la Cour sur les faits concernant l’accusé. Il demandera aux jurés de le retenir dans les liens de prévention et de le condamner à la peine maximale suivant le Code pénal.

Pour l’avocat de la défense, l’accusé n’a pas été pris en possession d’arme. Car, l’arme retrouvée sur place était pour le nommé Souleymane Koné, qui n’a jamais été arrêté par la police.  » Comme on le sait à Bamako, il suffit d’entendre qu’un voleur a été arrêté pour enregistrer autant de parties civiles contre cette personne « , a dit à la Cour. Ce ne sont que des présomptions, des analogies. Est-ce qu’il faut faire retenir l’accusé pour tous les cas de vol à N’tabacoro. Il a plaidé pour qu’on ne retienne pas les faits à lui reprochés dans ce dossier.

La Cour, dans sagacité, a condamné Salif Traoré à la peine de mort et au paiement de 350.000 FCFA, à titre de dommages-intérêts pour chacune des parties civiles.

O. B

Source: l’Indépendant