mer. Nov 25th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Sept grands regroupements et des partis politiques appellent à  » l’unisson pour préserver la démocratie et sauver la République « 

Alors que la Transition peine à prendre son envol, la clé de répartition décrétée le 9 novembre dernier par Bah N’Daw irrite voire radicalise la classe politique malienne. Sept principaux regroupements politiques et plusieurs partis, ayant rejeté en bloc l’offre du président de la Transition, appellent à « l’unisson pour préserver les acquis démocratiques et sauver la République « .

La jeune Transition malienne, qui affiche déjà des difficultés à trouver ses marques, semble désormais entrée dans une impasse. Pour cause, la clé de répartition des sièges du Conseil National de la Transition, annoncée par le président intérimaire, est rejetée en bloc par la majorité de la classe politique, qui envisage de se réunir pour  » défendre la démocratie et sauver la République « . Sept des principaux regroupements politiques et plusieurs formations politiques ont déjà manifesté cette intention.

Le M5-RFP, dont le CNSP dit avoir  » parachevé le combat « , a vite botté à la touche le quota de 8 sièges qui lui avait été octroyé pour le futur organe législatif. Cette Coalition, qui réclamait plutôt  » la présidence et le quart des membres du CNT « , soit au moins 30 sièges, a aussitôt appelé  » toutes les forces patriotiques, politiques et sociales à la résistance pour sauver la démocratie et la République « .

Le mouvement reproche, dans une déclaration rendue publique, mercredi dernier, aux deux décrets de Bah N’Daw  » un délai de dépôt de candidatures trop court « . Elle voit en cela comme une  » volonté de favoriser la fraude et le favoritisme « . Son Comité stratégique, qui doit animer, cet après-midi, un point de presse, considère  » inadmissible  » le fait que le vice-président reçoive les dossiers de candidatures puis dresse la liste des candidats en lieu et place des entités concernées.

 » Devoir de non-participation « 

Au lendemain de cet appel du M5-RFP, l’EPM, la COFOP, l’APR, l’Alliance Jigiya Kura, FSD-SAP et les partis PRVM, ADP-Maliba, PSP, Yèlèma ainsi que Partis Non Alignés se sont réunis, hier, en urgence, à l’Hôtel de l’Amitié. A l’issue de cette rencontre inédite, ces partis et regroupements politiques ont  » unanimement décidé de ne pas désigner leurs représentants pour siéger au sein du Conseil National de la Transition (CNT) « . Ils exhortent  » la classe politique à observer ce devoir de la non-participation des représentants des partis politiques « . Ils contestent la large représentation des militaires (22 sièges contre 11 pour les partis et regroupements politiques). Aussi regrettent-ils  » la fixation des quotas sans consultation de la classe politique « .

Ces six regroupements et quatre partis politiques invitent, à leur tour,  » l’ensemble des acteurs politiques à une union sacrée pour préserver les acquis démocratiques et sauver la République  » et  » appellent le peuple à la vigilance pour éviter tout dérapage de la Transition « . La classe politique cheminera-t-elle ensemble dans la même direction pour tenir tête aux militaires ? Le M5-RFP annonce, à ce sujet, son intention de se concerter avec les autres forces politiques et sociales. La nouvelle plateforme Alliance pour une Transition Intelligente et Réussie (ATIR) encourage le président Bah N’Daw  » à veiller à ce que le Conseil National de Transition soit inclusif « .

Moussa Sayon CAMARA

Source : l’Indépendant