ven. Déc 4th, 2020

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Coupe du monde Massa slam 2021 en France: Diarafa Soukounou est la championne de Massa slam qui ira représenter les couleurs du  Mali en France

Elève en terminale au lycée Notre Dame du Niger, Diarafa Soukouna, qui a peine avoir entamé sa carrière en tant que slameuse, est celle qui s’est faite remarquer par le jury en  remportant  le titre de championne de Massa  slam lors de la 7ème édition du festival international de slam et d’humour qui a pris fin le 7 Novembre dernier. Cette victoire encourageante prouve l’implication des femmes dans cet art qui offre la liberté d’expression pour dénoncer les maux de la société et sensibiliser. Dans cet entretien, la lauréate nous parle de son slam et de ses projets futurs.

‘Indép Week-end : Pouvez-vous nous parler un peu de votre carrière de slameuse ?

Diarafa Soukouna : J’ai commencé à slamer  il y a peu. Mais j’ai toujours eu un faible pour les mots, la poésie et le slam. J’écrivais des textes courts dans le but de me divertir et passer le temps. Ma première fois de jouer sur scène, en tant que slameuse, c’était  il  y a deux ans, lors d’une sorte de compétition du plus beau texte de slam que l’école avait organisée. Mon texte a été retenu et j’ai slamé le jour j. Et comme on le dit souvent il y’a un début à toute chose.  Après cette première expérience, j’ai encore participé à une autre compétition scolaire, cette fois -ci  organisée par le groupe Maralinké. La compétition était sous forme de groupe. Au total il y avait six groupes à la fin de compétition, mon groupe a été 6ème sur 6 mais j’ai réussi à me faire remarquer de tous les participants car l’un des membres du jury a parlé de moi sur la scène c’était encourageant. Ce n’est qu’après ces deux prestations que j’ai décidé de m’adonner pleinement à cet art qui est non seulement ma passion mais également un moyen pour moi de partager ma pensée avec le monde extérieur

L’Indép Week-end : Comment êtes-vous inspirée ?

D.S : La vie est ma première source d’inspiration. Il me suffit de jeter un regard sur la société dans laquelle je vis pour pouvoir rédiger mes textes.  Le plus souvent je m’inspire des faits réels, des vices de la société telle que la  douleur, la haine, l’inégalité, la pauvreté, la criminalité et toute chose qui peuvent nuire au bon développement de la société.

L’Indép Week-end : quels sont les messages que vous véhiculez dans vos textes ?

D.S : Naturellement mes textes transmettent des messages de paix, de réconciliation surtout  en ce  temps de crise socio politique qui a beaucoup fragilisé mon pays et dont l’unique issue de secours reste cependant un changement de comportement de tous ceux qui disent fils et filles de la nation.

A travers ma plume j’essaye de  décrier certaines pratiques de la société qui, selon moi, sont  affreuses et doivent être bannies car pouvant être un frein au développement psychologique de l’être humain. Ces réalités sont l’excision, le mariage forcé, l’immigration, l’avortement et beaucoup d’autres.

L’Indép Week-end : le Slam, en tant que tel, peut-il contribuer au développement socioéconomique et culturel d’une société ?

S.K : Dans le monde actuel où tout est ramené à l’expression, le slam c’est vraiment un moyen de s’exprimer quel que soit notre âge, notre sexe. C’est aussi un outil pédagogique, de réflexion et de prise de conscience,  qui non seulement éduque, mais offre l’opportunité à l’individu  de participer l’épanouissement de sa société. Cet art mérite d’être valorisé au Mali comme tout autre art. Les slameurs doivent  être accompagnés dans leur mission car ils sont  toujours proches de la population, expriment leur vécu et prônent l’amélioration de leurs  conditions de vie. De mon point de vue, il permet à l’individu de prendre conscience de sa capacité intellectuelle et de son rôle en tant que citoyen.

L’Indép Week-end : en tant que championne de slam 2021, qu’allez-vous entreprendre dans l’avenir ?

S.K :  Avec ce titre je crois qu’il sera plus facile  pour moi d’entamer une carrière  proprement dite dans le domaine. Ce festival a été l’occasion pour moi de prendre conscience de ma capacité d’influence et des pouvoirs de mes mots. Certes ça ne sera pas aisé mais je compte mettre tout en œuvre pour valoriser le slam, améliorer davantage mes compétences et être les yeux et les oreilles de la population afin qu’il y ait un changement de situation. J’ai eu la confiance et le soutien  de mes auditeurs,  ce qui prouve que je suis déjà sur la bonne voie. A l’avenir je redoublerai d’effort pour ne pas les décevoir  en remportant  cette coupe pour mon pays et pour  combler ma passion et mon rêve car le slam c’est ma vie.

L’Indép Week-end : Votre dernier mot ?

S.K : Je ne peux que dire merci aux initiateurs du projet Massa slam, à la maison agoratoire et au groupe Maralinké  qui m’ont permis de croire en moi et de développer mes capacités en tant que slameuse. Je ne cesserai de les gratifier car ils ont fait que,  à 17 ans, je devienne la championne de slam au Mali.

Aminata Kébé – Stagiaire

Source: l’Indépendant