ven. Juin 25th, 2021

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Feuille de route sur la violence en milieu universitaire qui a fait trop de morts et de blessés: Le Gouvernement décide  » d’abroger les protocoles liant le CENOU et l’AEEM donnant des avantages indus  »  cette dernière

Le Premier ministre Moctar Ouane a présidé, le vendredi 27 novembre dernier, une réunion de concertation sur la feuille de route pour la mise en œuvre des recommandations du Forum national sur la violence en milieu universitaire et son plan d’action. Au terme de la rencontre, qui a regroupé tous les acteurs de l’école, il a été dégagé des recommandations fortes tendant à mettre un terme aux  » avantages indus  » dont bénéficie l’AEEM et qui lui permettent de disposer d’une manne financière, source de toutes les violences qui ont déjà causé la mort de nombreux étudiants et des blessés parmi eux.

La problématique de la violence à l’école demande des décisions urgentes, courageuses et un engagement de tous et de chacun « . C’est sur la base de cette conviction exprimée par le Premier ministre Moctar Ouane qu’il a convoqué une réunion autour de ce phénomène qui gangrène aujourd’hui l’école malienne coupant le sommeil aux parents d’élève. En effet, depuis quelques années, l’espace universitaire malien est devenu un champ de bataille entre groupes d’étudiants rivaux occasionnant des morts et des blessés. Une situation plus accentuée lors des renouvellements des organes de l’AEEM. A plusieurs prises des armes à feu, des machettes, des coupe-coupe, des couteaux et autres armes sont saisies dans l’espace universitaire.

Rendre l’école à son objet

Outre le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et celui de l’Éducation nationale, ces travaux de la Commission interministérielle chargée de la mise en œuvre des recommandations du Forum national sur l’insécurité en milieu scolaire et universitaire, ont regroupé plusieurs d’autres membres du gouvernement, de responsables de l’université, de la sécurité nationale, des acteurs de la société civile, de l’AEEM, tous impliqués dans la question.

A l’ouverture des travaux, le chef du gouvernement a planté le décor en estimant la Feuille de route de la Transition consacrait, en son troisième pilier, » la refonte du système éducatif « . Convaincu que le  » Mali Koura  » passera aussi par l’émergence d’un  » Malien Koura « , Moctar Ouane s’est ému de ce moment où certains pays inaugurent des bibliothèques ou des centres d’excellence  » nous en soyons réduits au Mali à pleurer nos morts, ces élèves, étudiants, enseignants victimes d’actes de violences dans un espace qui a pour vocation de cultiver la fraternité, l’esprit de tolérance et l’ouverture d’esprit « . C’est pourquoi, il a invité les acteurs et les partenaires de l’école  » à se mobiliser autour de la feuille de route pour la mise en œuvre des recommandations du Forum national sur la violence en milieu scolaire et universitaire ainsi que son plan d’action « . La feuille de route se fonde sur une logique de clarification des rôles entre les décideurs, les enseignants et les apprenants  » en vue d’avoir une école apaisée « . Il se dit conscient que  » les mesures et les actions concrètes qui y sont édictées contribueront à la réussite de la refonte du système éducatif tant souhaitée par le peuple malien « . Les débats ont tourné autour des différents documents présentés par les deux ministres en charge de l’Education et de l’Enseignement supérieur ainsi que par le Haut Fonctionnaire de Défense au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Colonel Nouhoum N’Diaye.

Recommandations fortes

La rencontre a formulé des recommandations fortes qui vont en droite ligne de celles du forum sur l’insécurité dans les établissements scolaires et universitaires tenu les 25 et 26 janvier 2018. Il s’agit notamment  » de confier la gestion des parkings, de gargotes ou kiosques au CENOU et ou à l’administration des institutions d’enseignements supérieurs (IES) d’ici le 30 décembre 2020; de créer les groupes de sécurité universitaire; de confier la gestion de toutes les franchises scolaires et universitaires au CENOU et ou à l’administration des IES ; d’abroger les protocoles d’accord entre l’AEEM et le CENOU et qui donnent des avantages indus à l’AEEM; de déguerpir les kiosques installés illégalement dans les alentours des IES ; de conditionner le bénéfice des œuvres universitaires à l’acquisition de la carte CENOU, d’Installer des caméras de surveillance dans les établissements scolaires et universitaires, de délimiter et clôturer les espaces scolaires et universitaires … « .

Ramener l’AEEM à sa mission initiale

Pour les acteurs de l’école, il faut ramener l’AEEM à sa mission initiale : celle de défense des intérêts des élèves et étudiants. C’est pourquoi, le ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Amadou Kéïta dira que  » l’heure est maintenant aux actions, il y a eu beaucoup de rencontres et beaucoup de documents ont été élaborés. L’État doit maintenant doit jouer sa responsabilité. Mais, nous ne pouvons pas atteindre de résultats si nous n’avons pas le soutien de tous les acteurs de l’école. Ce n’est pas une guerre contre l’AEEM. Mais, de plus en plus, cette association s’écarte de son objectif initial « .

YC

Source : l’Indépendant