jeu. Jan 28th, 2021

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Jugé pour  » coups et blessures aggravées et tentative d’assassinat  » sur Saran Keita: Lamine Konaté condamné à la peine de mort

La Cour d’assises de Bamako a reconnu, hier mardi 1er décembre, Lamine Konaté coupable des faits de « coups et blessures aggravées et tentative d’assassinat  » sur Saran Keita sur un site d’orpaillage traditionnel à Kangaba. Il a été condamné à la peine de mort.

C’est courant 2016 que Lamine Konaté s’est rendu sur le site d’orpaillage de Farako, dans la  commune rurale de Séléfougou, dans le cercle de Kangaba, pour gagner sa vie. Une année plus tard, il fit la connaissance d’une Guinéenne du nom de Saran Kéita, par le truchement d’un de ses amis. Après quelque temps de cohabitation, Lamine Konaté décida de demander la dame en mariage. Celle-là n’acceptera pas, l’informant qu’elle est déjà fiancée à un autre homme. Du coup, Lamine Konaté entra dans une colère profonde, se sentant trahi.

Par la suite, Saran déménagea dans un autre local pour y vivre avec un autre homme. Lamine Konaté, rongé par la jalousie et comprenant qu’il avait perdu  l’élue de son cœur, attendit donc une occasion pour en finir avec Saran. La chance sembla lui sourire, puisqu’un  jour la dame sollicita ses services pour l’emmener dans un village voisin en vue de soigner son enfant malade.

Une aubaine qu’il ne pouvait rater. Guidé par son sombre dessein, il se procura une machette et un couteau. En route pour le village indiqué par la dame, il bifurqua pour emprunter un autre chemin qui les conduisit sur un autre site d’orpaillage. Sur place, il entretint d’abord des relations intimes avec Saran et, ses pulsions apaisées, Lamine Konaté la poignarda avec un couteau et lui administra à nouveau un violent coup de machette sur la tête, puis un autre coup sur sa main.

Poursuivant sa macabre besogne, il jeta la pauvre femme dans un ancien puits aurifère, arrosa son corps d’essence et y mit le feu. Heureusement pour la victime, l’eau du puits empêcha le feu d’embraser. C’est ainsi que la retrouvèrent, le lendemain, les orpailleurs, qui l’évacuèrent presto sur Bamako pour recevoir les soins adéquats. Elle dénonça ensuite Lamine Konaté comme étant l’auteur de ses malheurs. Ce dernier sera cueilli par la foule, qui le livra à la Gendarmerie où il reconnut les faits sans ambages. Il sera inculpé pour  » coups et blessures volontaires aggravés et tentative d’assassinat « .

A la barre, l’accusé a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Il essayera de justifier son acte comme étant un  » crime passionnel « . Un argument qui n’a pas convaincu la Cour. Pour cause, Lamine n’a éprouvé aucun remords, qui aurait pu l’inciter à revenir, pour, éventuellement, porter secours à son infortunée ex-concubine, qui n’a eu la vie sauve qu’aux personnes chargées de protéger les sites d’orpaillage.

Le jeune frère de l’accusé, en vue, sans doute, d’obtenir des circonstances atténuantes pour son parent, informa que la famille a pris en charge toutes les dépenses liées à l’hospitalisation de la victime ainsi que les ordonnances prescrites par les médecins. Il expliquera en plus à la Cour que son frère a dit avoir regretté l’acte commis.

Dans son réquisitoire, le parquet est revenu sur les zones d’ombre du dossier. En arguant que l’accusé entretenait une idylle avec la victime tout en sachant que la dame vivait avec un autre homme sur le même site minier. Ainsi, il soutiendra que les explications de « crime passionnel » ne tiennent pas debout.

Le parquet ajoutera que Lamine Konaté devait de l’argent à la victime et suggérera que c’est sans doute à cause de cette somme, assez élevée, que l’accusé a voulu mettre fin à la vie de Saran. Aussi a-t-il demandé à la Cour de retenir l’accusé dans les liens de prévention.

Quant à la défense, elle n’a eu un autre choix que de plaider coupable au regard de la gravité des faits rapportés par l’accusé devant la Cour.

La Cour a reconnu l’accusé dans les liens de prévention pour des faits « coups et blessures aggravées et tentative d’assassinat « . Ainsi, Lamine Konaté a été condamné à la peine de mort.

Oumar BARRY

Source: l’Indépendant