sam. Oct 16th, 2021

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Après la fuite du discours de Bah N’Daw puis l’annulation de son adresse à la nation: Le gouvernement recule et annonce des mesures moins contraignantes pour rompre la chaine de transmission de la Covid-19

Sans justifier le report de l’adresse à la nation du président, prévue pour le 30 novembre dernier, le gouvernement recule en prenant une série de mesures pour contrer la propagation de la Covid-19. Au lieu de l’instauration du couvre-feu, la fermeture des écoles, des lieux de plaisir et des marchés, l’Exécutif de la Transition a annoncé, le 1er décembre, à l’issue d’un Conseil supérieur de la Défense consacré à la Covid, six autres mesures, moins contraignantes.

Le Conseil Supérieur de la Défense Nationale, reporté le 26 novembre dernier, après la découverte d’un foyer du virus au sein de la Présidence de la République, s’est finalement réuni le 1er décembre dernier, au Palais de Koulouba, sous la présidence de Bah N’Daw. Ce dernier a reporté son adresse à la nation, prévue le 30 novembre, sans donner de raison. Son discours, préenregistré pour être diffusé sur les antennes de l’ORTM, s’est retrouvé sur les réseaux sociaux, notamment sur la page Facebook de la Présidence de la République, qui l’a par la suite supprimé.

La première adresse à la nation a été ainsi ajournée sine die, au moment où le Mali affiche un bilan de près de 5000 cas confirmés de la Covid-19, dont 160 décès et 3241 cas guéris. Le  nombre journalier de contamination frôle désormais les 100 cas. Face à cette recrudescence de la Covid-19, le président Bah N’Daw, dans son fameux discours, fuité puis supprimé, annonçait l’instauration d’un couvre-feu, de 21 h à 5 h, la fermeture des écoles, des lieux de loisir pour 28 jours. En outre, les horaires d’ouverture des marchés étaient fixés de 8h à 14h, alors que les lieux de culte et les frontières restaient ouverts.

Le dernier Conseil Supérieur de la Défense,  élargi au Vice-président et à tous les membres du gouvernement, a donc édulcoré les mesures susmentionnées. Ce conseil, exclusivement consacré à la Covid-19 au Mali, confirme  » la situation préoccupante liée à la propagation de la maladie « . Pour rompre la chaine de transmission de la maladie, il a pris six mesures, moins contraignantes que celles susmentionnées.

En premier lieu, le renforcement de l’application des mesures de prévention dans les espaces publics et les lieux de regroupement. Cela, à travers le lavage des mains au savon et l’utilisation du gel hydro alcoolique, le port obligatoire du masque, le respect de la distanciation physique et l’encouragement à la rotation des équipes de travail des services, du télétravail et des cours en ligne.

La seconde mesure concerne un renforcement de la surveillance épidémiologique par le dépistage de masse dans les lieux de regroupement. Le gouvernement n’exclut pas un dépistage systématique de la population et surtout des voyageurs entrant au Mali sans certificat de test Covid.

Les autorités entendent renforcer aussi la communication et la mobilisation sociale. Elles décident d’améliorer la qualité de la prise en charge des patients de Covid-19. Cela par le renforcement en capacités de ressources humaines, la disponibilité des médicaments, l’oxygène, des équipements. Elles s’engagent à assurer la disponibilité des tests de diagnostic de laboratoire et des consommables nécessaires pour les tests et le financement des activités de prévention et de riposte.

Pour une application effective de ces mesures, le gouvernement exhorte la population à s’impliquer davantage dans un esprit de civisme et de responsabilité. Ces mesures réussiront-elles à casser la chaine de contamination ? Le temps nous édifiera.

Moussa Sayon CAMARA

Source: l’Indépendant