mer. Août 4th, 2021

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Jugé pour  » coups mortels  » sur Luc Sangaré à Goualala (Yanfolila): Tidiane Diakité prend 5 ans de prison ferme

La Cour d’assises de Bamako a reconnu Tidiane Diakité coupable des faits de  » coups mortels  » suivant l’article 202 et 2013 du Code Pénal sur Luc Sangaré à la suite d’une altercation. L’accusé a été condamné à cinq ans de prison par les jurés.

C’est à la veille de la fête de Tabaski, en août 2019, à Goualala (cercle de Yanfolila), vers 2 heures du matin, que Tidiane Diakité, au cours d’une altercation, administra deux coups de couteau à Luc Sangaré. Ce dernier, qui en fut gravement blessé, rendit l’âme plus tard à l’hôpital. En effet, le certificat médical de l’Hôpital Maternité «  Mali-Gavardo «  de Goualala constatera une plaie au niveau de la clavicule gauche et une autre au niveau abdominal droit mesurant environ 5 cm de diamètre.

Ledit certificat conclut en ces termes :  » Le décès de Luc Sangaré serait dû à une plaie pénétrante de l’abdomen avec extérioration des anses qui serait provoquée par une arme blanche ».

Il ressort de l’arrêt de renvoi que Tidiane Diakité a, sans détour, reconnu les faits à tous les niveaux de la procédure. Tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur.

Dans le box des accusés, Tidiane Diakité est revenu sur les faits. Il soutiendra qu’au début de la soirée, Luc Sangaré est venu le trouver au ‘‘grin’‘ pendant qu’il prenait un soda et lui demanda de lui remettre le restant de la boisson.  » J’ai refusé, à la suite de quoi il m’a insulté. S’en est suivie une rixe au cours de laquelle je l’ai terrassé. Il est ainsi retourné à la maison pour revenir plus tard me défier de le suivre, si je suis un homme, afin que l’on aille en découdre loin des autres membres du grin. Je l’ai donc suivi, comme il me l’a demandé et, lors de la bagarre que nous avons engagée, j’ai réussi à retourner contre lui le couteau avec lequel il a cherché à me poignarder. Je lui ai porté des coups de couteau à deux parties de son corps. Quand il s’est écroulé, je suis parti informer le public. Ensuite, on m’a fait arrêter « , a expliqué l’accusé, en substance devant la Cour.

Pour la partie civile, l’accusé est parti trouver Luc dans son « grin » contraiement à ce qu’il prétend faire croire à la Cour. « Il y avait trois coups de couteau sur le corps de mon fils», a dit l’oncle de la victime.

Pour le parquet, la victime ne comparaît pas pour dire exactement s’il avait un couteau ou pas,  » Mr le Président, admettons que la victime possédait le couteau. L’accusé pouvait reprendre le couteau avec lui et le dissuader d’en user parce qu’il a lui-même dit qu’il était plus costaud que la victime « , a soutenu le ministère public et d’en déduire que l’intention coupable est constituée.

Aussi a-t-il requis pour le maintien de l’accusé dans les liens de prévention, tout en demandant la requalification des faits en  » meurtre « .

La défense, quant à elle, a plaidé pour l’excuse de la provocation en demandant à la Cour d’accorder des circonstances atténuantes à Diakité.  » L’accusé a été provoqué par la victime, il n’avait d’autre choix que de se servir du couteau dont ce dernier le menaçait. Je vous demande de ne pas suivre le ministère public dans sa requalification des faits pour meurtre. Nous plaidons coupables. Vous avez devant vous un accusé courageux, qui est lui-même parti informer la famille « , a-t-il plaidé Me Diasana.

A l’issue de l’audience, la Cour a accordé des circonstances atténuantes à Tidiane Diakité suivant l’article 18 du Code pénal. Il a ainsi été condamné à 5 ans d’emprisonnement ferme pour des faits de  » coups mortels «  sur Luc Sangaré.

O.BARRY

Source: l’Indépendant