mar. Avr 13th, 2021

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Interview Mariam Boubacar Maïga, auteure du livre  » L’espoir dans l’amertume »:  » Cette production est ma contribution pour favoriser l’inclusion des personnes vivant avec un handicap »

Journaliste à la chaine nationale ORTM 2 et titulaire d’une licence en journalisme et communication à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO-UUBA), Mariam Boubacar Maïga vient de publier son premier ouvrage chez Innov édition. Un roman autobiographique intitulé   »L’espoir dans l’amertume » qui retrace le  parcours  épineux de la jeune écrivaine  qui a vu basculée sa vie à l’âge de 16 ans à la suite  d’un accident de circulation routière. Notre équipe de reportage est allée à sa rencontre pour dialoguer autour de son ouvrage dont le lancement a eu lieu le 21 Novembre dernier au DNFLA.

‘Indép Week-end : Pouvez- vous nous présenter votre livre  »Espoir dans l’amertume » ?

Mariam Boubacar Maïga :  »L’espoir dans l’amertume » est mon premier ouvrage qui a vu le jour en novembre dernier. C’est un roman auto biographique de 87 pages qui retrace le parcours d’une jeune lycéenne de 16 ans victime d’un accident de la circulation à la suite duquel elle a été amputée de sa jambe gauche. De la nait le sentiment de déception, d’amertume et de peine car désormais condamnés à vivre  avec une mobilité réduite dès l’adolescence. Ce livre aborde également la vision de la  société sur les personnes vivant avec un handicap, la nécessité de la confiance en soi et les bénéfices  du soutien de la famille.

L’Indép Week-end : Comment êtes-vous devenu écrivaine et qu’est-ce qui vous a  motivé à écrire cet ouvrage ?

M.B.M : j’ai toujours eu un faible pour les mots. J’écrivais depuis toute petite des petits textes. Ecrire a été pour moi un moyen de plus de compenser ma peine et ma douleur. Certes j’ai bénéficié du soutien et du réconfort de ma famille et surtout de mon père et pour eux j’ai essayé d’être forte mais j’étais brisée à l’intérieur. Les moments de plaisir étaient ceux que je partageais avec ma plume.

En ce qui concerne mes sources de motivation, je dirais que l’envie de faire découvrir mon monde, le désir de partager mon histoire et surtout la volonté de pour prouver au monde entier que ne pas sentir une partie de son corps humain n’est pas synonyme d’incapacité ni d’inefficacité. L’une de mes motivations principales est d’inspirer, encourager les jeunes qui vivent la même situation que moi de rêver grand malgré leur handicap car rien n’est impossible dans cette vie, seule la détermination et le courage peuvent  leur permettre de réaliser leurs plus grand rêves   En plus de ce partage d’expérience avec mes lecteurs, je veux également dénoncer certains traitements dont les personnes vivant avec un handicap font l’objet. Et aussi attirer l’attention  des conducteurs des engins motorisés que quelle que soit l’urgence ils doivent rouler prudemment pour préserver des vies. Ne faisons pas des moyens de déplacement un moyen de destruction. Grâce à Dieu je n’ai perdu qu’une jambe, mais de nombreuses personnes perdent la vie à longueur de journée.

L’Indép Week-end : Pensez-vous que ce livre pourra atteindre son objectif  de sensibilisation des personnes vivant avec un handicap?

M.B.M : j’ai la ferme certitude que   ce roman servira de leçon et de source de motivation à plusieurs personnes. Au Mali les personnes souffrant d’handicap ont tendance à se renfermer sur elles-mêmes or elles ont les mêmes potentialités et capacités que celles vivant en parfaite équilibre. J’ai été amputée d’une jambe gauche, j’ai perdu quelques années d’étude mais je me suis rétablie aujourd’hui. J’ai une licence en journalisme et j’exerce ce métier que j’aime, je n’ai pas totalement réussi ma vie mais je peux dire que j’arrive à vivre avec ma situation car telle étais ma destinés.  Et j’espère que les messages que j’ai transmis pourront changer la vie de plusieurs personnes et aussi changer la mentalité et la vison  des uns et des autres au regard des personnes handicapées.

L’Indép Week-end : Quelles sont vos projets futurs ?

M.B.M : ce premier ouvrage est le début de ma carrière en tant qu’écrivaine. J’ambitionne encore d’écrire plus de livres sur d’autres thématiques en vue d’apporter ma contribution à l’édifice national et aussi promouvoir davantage l’inclusion sociale des personnes vivant avec handicap. Et cette lutte, je la mènerais jusqu’à l’obtention de gain de cause.

L’Indép Week-end : Votre dernier mot ?

M.B.M : je demande aux personnes souffrant d’handicap  de toujours regarder le bon côté des choses. Qu’elles sachent surtout que le handicap c’est dans la tête, qu’elles fassent de leur handicap une force et une source de motivation. Je remercie toute les personnes qui m’ont tendu le bras pendant les plus sombres moments de ma vie. Je ne cesserai de les remercier car elles m’ont donné la force de poursuivre mes rêves. 

Aminata Kébé- Stagiaire

Source: l’Indépendant