ven. Jan 22nd, 2021

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Un Rapport du BVG constate   » une faible mise en œuvre (21,43%) de ses recommandations par le CHU Gabriel Touré  » : Ni le ministère de la Santé, ni le Conseil d’administration encore moins la Direction générale n’ont assumé leur part de responsabilité

A la suite d’une vérification de performance menée sur la gestion 2016-2018, le Bureau du Vérificateur Général (BVG) avait décelé des irrégularités financières et administratives au Centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré. Il avait formulé  30 recommandations sur lesquelles deux sont non applicables. Le rapport de mise en œuvre desdites recommandations, daté d’octobre 2020 et publié le 3 janvier dernier sur le site du BVG, relève que sur les 28 restantes la Direction générale de l’hôpital n’a exécuté que  21,43%. Ainsi, 6 sont entièrement mises en œuvre, 15 partiellement mises en œuvre et 7 non mises en œuvre.

Le CHU-Gabriel Touré est l’un des hôpitaux nationaux de 3ème référence situé dans le District de Bamako, en sus de l’hôpital du Point G et de l’hôpital du Mali. Il compte à son actif quatre missions principales : assurer le diagnostic, le traitement des malades, des blessés et des femmes enceintes ; assurer la prise en charge des urgences et des cas référés ; participer à la formation initiale et continue des professionnels de la santé et des étudiants  et enfin,  conduire les travaux de recherche dans le domaine médical.

A ce titre, il reçoit le plus grand nombre de patients au Mali, avec une moyenne de plus de 125 000 consultations et 17 000 hospitalisations par an et accueille près de 90% des cas d’urgence de Bamako et des environs. Cela s’explique à la fois par sa situation géographique et par le nombre important des services techniques opérant en son sein. L’État du Mali a accordé, à cet effet, au CHU-GT une subvention de 3 472 098 282 FCFA en 2018 et 3 586 347 618 FCFA en 2019.

Le Vérificateur Général a décidé de procéder à la vérification de performance de la gouvernance et de la gestion administrative de cet établissement hospitalier. Cette vérification initiale avait relevé beaucoup de faiblesses et de dysfonctionnements. Des recommandations ont été formulées pour corriger ces lacunes. La présente mission de suivi a été initiée afin de s’assurer de la mise en œuvre des recommandations faites pour corriger les faiblesses constatées.

Elle a révélé que sur les 30 recommandations formulées deux sont non applicables. Le taux global de mise en œuvre est de 21,43%. Ainsi, sur les 28 recommandations applicables, 6 sont entièrement mises en œuvre, 15 partiellement mises en œuvre, 7 non mises en œuvre.

Les vérificateurs estiment que le niveau de mise en œuvre des recommandations n’est pas satisfaisant.

Le ministère de tutelle, le CA et la Direction indexés

Sur les recommandations entièrement réalisées, on retient que le ministère de tutelle a renouvelé le mandat des administrateurs et leurs suppléants conformément à la réglementation, le Conseil d’administration a informé tous ses organismes membres de la tenue des sessions, la Direction Générale du CHU-Gabriel Touré a convoqué les représentants de tous les organismes membres du Conseil d’administration, elle a tenu à jour le registre des délibérations du CA, a informé le CA sur les procédures et les résultats des marchés et a pris une décision fixant les modalités de prise en charge du personnel en nourriture.

Au niveau de celles partiellement mises en œuvre, on peut citer le fait que le ministère de tutelle n’a pas exigé de la Direction de l’hôpital et du Conseil d’Administration l’adoption d’un projet d’établissement, le Conseil d’Administration n’a pas délibéré sur toutes les attributions relevant de ses prérogatives, il n’a pas adopté et exigé la mise en œuvre de manuel de procédures, de fiches de poste, de cadre organique et d’organigramme, n’a pas veillé à la conformité des créations de départements, services et unités aux dispositions légales et réglementaires.

Aussi, relève le rapport, le CHU- Gabriel Touré n’a pas produit et soumis au CA toutes informations et questions relevant de ses attributions, n’a pas élaboré et soumis à l’approbation du CA les outils nécessaires à une gestion efficace, encore moins  faire ressortir la responsabilité de l’hôpital dans les contrats de garde ou veillé à la tenue régulière de tous les documents de la comptabilité-matières.

Un service d’audit et de contrôle compétent et indépendant inexistant

Le BVG a aussi constaté que la Direction  n’a pas doté l’Hôpital d’un plateau technique requis, notamment la pédiatrie, la réanimation, le laboratoire et le département médicotechnique ni doté le laboratoire en consommables et réactifs nécessaires à son fonctionnement.

Quant aux recommandations non mises en œuvre, le rapport souligne que le CHU-GT n’a pas soumis la version provisoire du projet d’établissement au Conseil d’Administration, le ministère de tutelle n’a pas conclu un contrat pluriannuel d’objectifs de moyens avec la Direction de l’hôpital sur la base d’un projet d’établissement adopté et approuvé, il n’a pas rappelé et suivi les engagements consignés dans le contrat pluriannuel d’objectifs de moyens à travers des notifications annuelles.

Le Conseil d’Administration de son côté, n’a pas tenu les sessions conformément aux dispositions réglementaires et n’a pas sélectionné un commissaire aux comptes.

La Direction Générale du CHU-GT n’a pas mis en place un service d’audit et de contrôle compétent et indépendant ni veillé à l’effectivité des gardes par le personnel technique

Le rapport de conclure ainsi :  » La non mise en œuvre entière des recommandations est un obstacle aux activités de l’hôpital et à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) en matière de santé en général et ceux consignés dans le Plan de Développement Sanitaire et Social en particulier. Aussi, le ministère chargé de la Santé devrait prendre des actions pouvant aboutir à une gestion performante des hôpitaux de 3ème référence en général et le CHU-GT en particulier « .

Youssouf CAMARA

Source: l’Indépendant