sam. Juil 31st, 2021

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Arrêt d’activité hier des transporteurs pour protester contre le paiement de la redevance de péage par passage: Bamako coupé du reste du pays, grosse paralysie dans les commerces et les services publics

Les syndicats des transporteurs routiers ont mis en exécution, hier mercredi, leur menace d’arrêt de toute activité pendant une journée dans la capitale et ses environs suite à la nouvelle mesure du ministère des Transports relative au péage. Un mot d’ordre respecté par une large majorité de transporteurs publics (autobus, bennes, SOTRAMA, taxis).

Cette décision des syndicats des transporteurs routiers, prise le mardi dernier, à midi, à la place SOTRAMA de Médina-Coura, a été portée tardivement à la connaissance des conducteurs routiers. C’est ce qui justifie que dans la matinée d’hier, il n’y avait pas encore une totale adhésion des intervenants du secteur  à ce mouvement d’humeur. Ainsi,  du poste de Sébénicoro en passant par le  » Pont Fahd  » jusqu’au rond-point de la  Tour de l’Afrique et en longeant la route de Sénou, les transports collectifs étaient opérationnels.  Mais, à partir de 9 heures, l’information avait gagné tous les secteurs de transports et des jeunes étaient déployés dans les différents ronds-points pour stopper les véhicules en activité. Et ce fut le début du calvaire pour les passagers qui empruntent les transports en commun pour se rendre au travail.

Bamako coupé du reste du pays

L’atmosphère dans la ville s’est  vite métamorphosée. Les SOTRAMA étaient aux arrêts. Pas l’ombre de   » vert » (la couleur officielle de ce mode de transport très prisé par les usagers)  dans la  circulation. Par contre, certains taxis (les jaunes) circulaient à travers la ville. Mais, à un certain moment, de jeunes apprentis postés au niveau des principaux  arrêts ont commencé à immobiliser  tous les  transports publics en activité. Toute chose qui a conduit à la paralysie totale de la ville. Les passagers étaient obligés de rallier leur lieu de travail à pied, du moins pour ceux qui le pouvaient.

Grosse paralysie dans les points et les nœuds de ralliement des transports

De la place dite  »  place koro  » à  » Dabanani « , au grand marché de Bamako à  celle SOTRAMA au  » Rail-da « , toutes étaient désertes (aucun mouvement de SOTRAMA encore moins de  taxi). Au même moment, aux places à Banamba, Touba et Kita à Médina-Coura, les chauffeurs et les apprentis sirotaient tranquillement du thé. Tous les véhicules en direction de Koulikoro étaient à l’arrêt. Certains passagers, déjà sur place, attendaient impatiemment la levée du mot d’ordre de boycott des activités pour regagner leurs localités respectives.

Sur place, le Secrétaire administratif du syndicat des conducteurs routiers de la place de Koulikoro, Badra Alou Samaké nous a indiqué qu’il n’y a pas eu de départ de véhicule depuis le matin.  »  On reprendra les activités après satisfaction de nos doléances « , promet-il. Contrairement à ses dires, certains apprentis nous ont informés que les premiers autobus ont effectué le déplacement sur Koulikoro, mais qu’ils ont été stoppés dans leur progression au niveau de Boulkassoumbougou et du péage de Koulikoro par des jeunes apprentis.

Au niveau de la  gare routière de Médina-Coura, les autobus, les SOTRAMA, les taxis étaient aussi à l’arrêt. Les passagers visiblement mécontents et frustrés s’étaient réfugiés sous les hangars.

Grève de trois jours

Même constat à la place de Djicoroni-Para. Tous les véhicules étaient en arrêt de travail. Sur les lieux, le Secrétaire général de la Coordination  nationale des syndicats et associations des chauffeurs et conducteurs du Mali (CNSACCRM), Seydou Yossi  a dénoncé les mesures prises par le département des transports.  » Cette mesure ne nous arrange pas et si, à partir de minuit, le gouvernement n’est pas revenu sur sa décision, nous allons déclencher une grève de trois jours « . En tout cas, je suis satisfais, car la circulation des véhicules a été paralysée à 100% ici à l’auto- gare de la place dite «  La Guinée place « .

A sa suite, le Secrétaire général du syndicat autonome des transporteurs inter-Etats des Maliens de l’extérieur, El hadj Fakanda Keïta a relevé que les transporteurs routiers sont confrontés à d’autres problèmes comme la tracasserie routière.  » Si l’on ajoute cette nouvelle mesure, on ne pourra plus prendre en charge nos familles « , a-t-il dit.

Auto satisfaction des responsables syndicaux

Au niveau de la place de Fadjiguila, le président Adama Sidibé nous expliquera que ce sont les chauffeurs qui payent les frais de péage qui ne sont pas  prélevés sur les recettes journalières des propriétaires de véhicules. Et cette nouvelle charge imposée pèsera sur eux, dira-t-il avant de poursuivre :  »  On ne peut pas la supporter « . S’enhardissant, il précisera que sur le territoire malien, il n’y a pas eu de sortie ni de rentrée  de véhicules.  » Je suis satisfait de cette démonstration de force, car il y a eu plus de véhicules arrêtés que ceux en activité « . Avant d’avertir que les chauffeurs qui ont bravé la consigne, à la reprise des activités,  seront sanctionnés. Ajoutant qu’ils ne peuvent pas  empêcher tout le monde de travailler parce que tous les taximen ne sont pas affiliés à un syndicat.

Quid des passagers pris au piège par l’arrêt surprise des transports?

A la place de Fadjiguila, une passagère mécontente a raconté qu’elle a quitté Ouéléssebougou pour se rendre à Médina-Coura afin d’emprunter un autobus pour Massatola.  » Avant la traversée du pont, on nous a fait descendre de la SOTRAMA. J’ai traversé le pont à pied pour atteindre Médina Coura. Et, là aussi je suis bloquée  à cause de la suspension des activités des chauffeurs. L’on devait nous informer  au préalable « , s’est-elle lamentée. Et une autre passagère de s’en remettre à Dieu.  » Je suis là depuis longtemps, si le car avait démarré à temps  je ne serai pas loin de ma destination. Nous demandons une entente entre les deux parties sinon nous les pauvres allons souffrir « , a-t-elle déclaré.

Une écolière nous a livré ses souffrances à l’ACI 2000.  » J’ai quitté à pied Médina-Coura pour me rendre à mon école de l’hôtellerie sise à Hamdalaye ACI près du cimetière de Lafiabougou. Une situation qui  affecte ma concentration en classe « , a-t-elle lancé.

Falé COULIBALY

Source : l’Indépendant