sam. Juin 12th, 2021

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

La BCEAO dresse la situation de la microfinance dans l’UEMOA au 30 septembre 2020: Plus de 1.579 milliards de FCFA de crédits distribués par les 522 institutions 

Les dépôts en hausse de +15 milliards et les crédits + 5, 8 milliards au Mali

L’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) comptait, au terme du 3ème trimestre 2020, un total de 522 institutions de microfinance qui ont enregistré des performances dont les chiffres sont en hausse par rapport à la même période en 2019. Plus de 15.777.079 personnes ont bénéficié des services financiers fournis par ces établissements financiers. Malgré un contexte sanitaire lié à la pandémie de la Covid-19 qui a fait fléchir l’activité économique et augmenté le niveau de dégradation du portefeuille en souffrance, l’encours des crédits octroyé a connu des hausses dans presque tous les pays de la zone dont près de 6 milliards de FCFA au Mali.

Dans un rapport daté de février 2021, la BCEAO vient de faire le point de la situation du secteur de la microfinance dans les pays membres de l’UMOA au titre du troisième trimestre de l’année 2020. Les informations sur les systèmes financiers décentralisés (SFD) se fondent sur l’analyse de l’évolution des indicateurs évalués à partir des données estimées.

A cette date, le nombre de SFD dans l’UMOA est de 522 unités dont 15.777.079 personnes ont bénéficié de leurs services financiers, à travers 5.029 points de service répartis dans les États membres de l’Union.

Il ressort des indicateurs d’intermédiation, que les SFD de l’Union ont poursuivi leur tendance favorable à l’inclusion financière, dans un contexte marqué par la levée progressive des restrictions dues à la crise sanitaire.

En effet, le montant des dépôts collectés a augmenté de +168.977,2 millions de FCFA pour s’établir à 1.623.085,8 millions de FCFA contre 1.454.108,6 millions de FCFA une année plus tôt, soit une augmentation de +11,6%.

L’encours de dépôts en hausse dans tous les pays exceptés Bissau

Cette progression est enregistrée en Côte d’Ivoire (+44.608,7 millions de FCFA, soit +13,4%), au Burkina (+39.090,7 millions de FCFA, soit +15,3%), au Bénin (+31.920,5 millions de FCFA, soit +26,8%), au Togo (+20.282,9 millions de FCFA, soit +8,7%), au Sénégal (+17.324,3 millions de FCFA, soit 4,5%), au Mali (+15.262,0 millions de FCFA, soit +14,2%) et au Niger (+490,5 millions de FCFA, soit +1,9%). En revanche, une diminution a été relevée en GuinéeBissau (-2,4 millions de FCFA, soit -2,5%).

A titre de comparaison, la progression trimestrielle de l’encours des dépôts dans le secteur à fin septembre 2020 (+3,1%) est plus importante que celle notée à fin septembre 2019 (+0,9%), fin septembre 2018 (+2,2%) et fin septembre 2017 (+0,7%). Il en résulte que la confiance des populations, vis-à-vis du secteur de la microfinance, demeure malgré le contexte lié à la Covid- 19.

Les dépôts à vue sont prépondérants avec une part de 60,6%. Les dépôts à terme et les autres dépôts constituent respectivement 18,7% et 20,7%. En outre, l’épargne mobilisée par les SFD a été constituée à hauteur de 52,5% par les hommes, 25,2% par les femmes et 22,3% par les groupements. Le montant moyen des dépôts par membre a progressé de +7,6%, pour s’établir à 102.876 FCFA après 95.640 FCFA à fin septembre 2019. Pour l’ensemble des SFD de l’UMOA, l’épargne recueillie représente 5,4% de ceux collectés par les établissements de crédit de l’Union.

La Covid entraine un ralentissement

S’agissant de l’encours des crédits des SFD de l’Union, il s’est accru de +80.432,9 millions de FCFA (+5,4%) par rapport à son niveau à fin septembre 2019 pour se situer à 1.579.318,6 millions de FCFA. Cet accroissement est faible en comparaison avec les hausses notées à la même période au cours des trois dernières années, soit à fin septembre 2019 (+12,1%), à fin septembre 2018 (+9,6%) et à fin septembre 2017 (+17,9%). Ce ralentissement pourrait se justifier notamment par les potentiels effets de la pandémie de Covid19. Cette hausse est observée en Côte d’Ivoire (+45.127,7 millions de FCFA, soit +13,4%), au Bénin (+20.471,0 millions de FCFA, soit +13,7%), au Sénégal (+16.354,8 millions de FCFA, soit +3,7%), au Burkina (+5.908,3 millions de FCFA, soit +2,9%) et au Mali (+5.865,7 millions de FCFA, soit +4,1%). Toutefois, une diminution a été notée au Niger (-11.871,4 millions de FCFA, soit -33,3%), au Togo (-1.414,7 millions de FCFA, soit -0,7%) et en Guinée-Bissau (- 8,4 millions de FCFA, soit – 10,7%). Une part des 47,7% de l’ensemble des concours accordés par les SFD représente les crédits à court terme. Les prêts à moyen et long termes constituent respectivement 32,3% et 20% sur la période sous revue. La clientèle masculine des SFD a bénéficié de 57,7% des crédits. La clientèle féminine et les groupements bénéficient respectivement de 21,4% et 20,9% des financements. L’encours moyen des financements des SFD par membre a augmenté de +1,5% pour se situer à 100.102 FCFA à fin septembre 2020 contre 98.586 FCFA l’an dernier. Pour l’ensemble du secteur de la microfinance, l’encours des crédits octroyés représente 6,9% de celui des établissements de crédit de l’Union. Par compte, le taux brut de dégradation du portefeuille s’est inscrit en hausse, ressortant à 9,1% contre 7,6% à fin septembre 2019, pour une norme généralement admise de 3% dans le secteur. La forte dégradation constatée depuis le trimestre précédent est liée à une augmentation des crédits en souffrance en rapport avec la crise occasionnée par la pandémie de Covid-19.

Y.CAMARA

Source : l’Indépendant