sam. Mai 15th, 2021

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Grogne autour du paiement de la redevance de péage par passage pour tout véhicule: La présidence de la République prend le dossier en main pour éviter une éventuelle hausse des prix des transports

Les syndicats des Transporteurs Routiers, qui devaient se réunir, hier mercredi 10 mars, à la place de Djicoroni-Para, autour de l’augmentation des prix des transports, ont été amenés à surseoir à cette mesure. La présidence de la République a décidé de prendre le dossier en main.

Depuis le début d’année, c’est un bras de fer entre le ministre des Transports et des Infrastructures et les syndicats des Transporteurs Routiers autour du paiement de la redevance de péage par passage pour tout véhicule. L’insistance du département de Makan Fily Dabo à appliquer la nouvelle mesure, entrée en vigueur le 1er mars dernier, même avec des assouplissements pour une catégorie de transporteurs, n’a pas eu d’écho favorable auprès des  routiers qui exigent un statut ante. C’est-à-dire payer une seule fois pour 24 heures.

Cette crise a occasionné des mouvements d’arrêt de travail, dont le dernier en date était celui de mardi 9 mars. A la suite de cette manifestation, les syndicats des transporteurs routiers devaient se réunir, hier mercredi, pour une possible augmentation des prix pratiqués sur différents axes. Selon des responsables syndicaux que nous avons pu joindre, la réunion n’a plus eu lieu. Et pour cause : le Secrétariat général de la présidence de la République a pris langue avec les syndicats et leur a promis un examen rapide de la situation. Face à cette sollicitude de la plus haute autorité du pays, les syndicats ont décidé de surseoir à toute hausse pour le moment.

L’on ignore encore  si la présidence de la République va décider de surseoir à l’application de la décision, en la rangeant au tiroir, ce qui constituerait un précédent fâcheux pour le gouvernement de la Transition. Elle peut aussi formuler des propositions de sortie de crise, alors qu’on imagine mal toute autre proposition acceptée par les syndicats en dehors de l’annulation de l’initiative.

Le gouvernement de Transition nous a plutôt habitués à souffler le chaud et le froid. Avec les acteurs de l’éducation, il a fini par céder à l’application de l’article 39 en faveur des enseignants, malgré son incidence sur le budget d’Etat, évaluée à des centaines de milliards de FCFA par an. Le même gouvernement s’était montré intransigeant dans l’opération de démolition des constructions illégales dans la zone aéroportuaire. Après que des centaines de concessions eurent  été réduites en poussière, l’opération est aujourd’hui à l’arrêt, faute de moyens financiers pour régler l’entreprise dévolue à cette tâche.

Pour le cas spécifique de la redevance péage, la décision gouvernementale devra être équilibrée, en ce sens qu’elle doit permettre de trouver un compromis avec les transporteurs routiers qui, en plus d’une hausse possible des prix des transports, s’apprêtent à observer une grève de 72 heures, à compter du 23 mars prochain.

YC

Source: l’Indépendant