mar. Juin 22nd, 2021

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Jugé pour  » coups mortels  » sur Bakary Kanté: Kalilou Diallo écope de 5 ans de prison dont 18 mois de sursis

La Cour d’assises de Bamako a condamné Kalilou Diallo à cinq ans de prison, dont 18 mois de sursis, pour avoir donné des  » coups mortels  » à Bakary Kanté, courant 2017, dans le cercle de Kolokani.

Tout est parti d’une histoire d’animaux. Le 11 décembre 2017, à N’Gémou, commune rurale de Sébékoro, cercle de Kolokani, aux environs de vers 3 heures du matin, Bakary Kanté entendit des bruits inhabituels dans son champ, situé à la lisière des habitations. Pour en avoir le cœur net, il prit la précaution de se faire accompagner de son neveu Datou Kanté et de son employé, Gaoussou Diarra.

C’est ainsi qu’ils aperçurent Kalilou Diallo, un berger du secteur, en train de faire paître ses animaux dans leur champ de mil. Aussitôt éclata une vive dispute entre le berger et Bakary Kanté, qui portait son fusil à l’épaule. Pendant ce temps, Datou et Gaoussou entreprirent de pousser les animaux (des ovins et des caprins) hors du champ. Soudain, ils entendirent des gémissements provenant du côté où se trouvaient Bakary Kanté et le berger Kalilou Diallo.

A leur arrivée sur les lieux, ils constatèrent à leur grande stupéfaction que Kalilou Diallo avait frappé Bakary Kanté au niveau de son pariétal gauche (situé à l’arrière du front pariétal), à l’aide de son bâton, et avait pris ses jambes à cou. La victime, ayant perdu connaissance, fut transportée d’abord au CSCOM de Toumanibougou avant d’être évacuée sur le Centre de Santé de Kolokani, puis à l’Hôpital du Point G de Bamako. Il rendît l’âme le 15 Décembre 2020 des suites de ses blessures, selon le certificat médical versé au dossier et établi par le Professeur Drissa Kanikomo. Par la suite, une information judiciaire aboutit à l’inculpation de Kalilou Diallo pour «  coups mortels « .

Dans le box des accusés, l’inculpé a reconnu les chefs d’inculpation. Mais, il justifiera le crime par la légitime défense. En essayant de faire croire à la Cour que la victime voulait se servir de son arme pour l’abattre. C’est pourquoi, « je me suis servi de mon bâton pour lui assener des coups, qui lui ont été fatals« .

La défense s’est évertuée à accréditer la thèse de la légitime défense, prévue à l’article 28 du Code Pénal, qui stipule :  » il n y a ni crime ni délit lorsque le prévenu a été contraint par une force à laquelle il n’a pas pu résister « . Mais, c’était peine perdue face au Procureur Bandiougou Mamadou Diawara, qui a soutenu que ce moyen de défense ne saurait prospérer. Pour cause, c’est un crime prémédité, l’accusé ayant attendu que la victime lui fasse dos pour lui administrer des coups mortels. Aussi, a-t-il requis cinq ans de prison pour l’accusé.

La Cour, dans sa sagacité, a retenu l’accusé dans les liens de prévention et a accepté la requête du parquet en condamnant Kalilou Diallo à cinq ans de prison, avec 18 mois de sursis.

O.BARRY

 Source: l’Indépendant