mar. Juin 22nd, 2021

UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Transition : les promesses et les actes

Les élections se tiendront aux échéances prévues. Elles seront « crédibles, justes et transparentes « . Le train de vie de l’État sera réduit, y compris le fonds de souveraineté alloué au président de la transition, chef de l’État, dont les deux tiers seront affectés à la fourniture d’eau potable et de soins de santé aux populations des zones difficiles. Les forces de défense et de sécurité seront nanties en équipements pour l’accomplissement de leur mission dans la mesure des ressources disponibles. Des efforts seront faits pour améliorer la gouvernance et étendre la distribution des services publics à l’ensemble des populations où qu’elles se trouvent sur le territoire national. Les conditions de vie des Maliens feront l’objet d’une attention accrue dans la limite soutenable par le budget national et pour ne pas mettre en danger les investissements.

Par ces promesses faites dans son allocution de prestation de serment devant la Cour suprême, qui aurait pu être plus relevée dans la forme et plus consistante dans le fond, comme l’a fort judicieusement relevé un leader politique réputé pour son sens critique, le colonel Assimi Goïta s’est voulu en phase avec les préoccupations majeures de la classe politique et de la société civile maliennes. Leurs représentants, qui se trouvaient dans la salle des trois mille places du Centre international de conférences de Bamako, s’y sont probablement reconnus même s’ils n’ont pas manqué de s’interroger sur la capacité du nouveau chef de l’État à les matérialiser eu égard à la complexité de la situation malienne liée au laps de temps disponible. Neuf petits mois, serait-on tenté d’écrire.

La communauté internationale a été, elle aussi, servie à hauteur de souhait. Dans un contexte où les organisations sous-régionales, régionales et internationales, de même que de puissants partenaires bilatéraux comme la France, les Etats Unis d’Amérique et d’autres ont décidé de suspendre le Mali de leurs instances ou de le priver provisoirement de leur précieux appui sécuritaire, l’engagement du nouveau président de la transition à faire respecter les engagements internationaux souscrits par ses dévanciers est assurément venu à son heure. Seulement, après un double coup d’État en neuf mois ( peut-être un cas unique dans l’histoire mondiale) ces partenaires qui ont pour principe cardinal de ne pas traiter avec des autorités de fait, non légalement constituées, sont sûrement sur leur qui-vive. Et il faudra plus que des paroles lénifiantes  pour les ramener à des sentiments constructifs vis-à-vis des tenants du pouvoir à Bamako.

C’est à ce niveau que le futur gouvernement, à la formation de laquelle s’attelle déjà le premier ministre Choguel Maïga nommé dans le sillage de l’investiture de Assimi Goïta, est fortement attendu. Avec un effectif de 25 membres fixé par le Dialogue national inclusif (DNI) et confirmé par les Concertations Nationales- deux assises politiques de référence-le successeur de Moctar Ouane va devoir jouer serré. Il lui faudra concilier l’impératif d’inclusion et les qualités indispensables ( bonne connaissance des dossiers, rigueur, don de soi, capacité de négociation etc) rarement réunies chez une personne.

Une fois mise en place, cette équipe dont Choguel a dit qu’elle sera de  » rupture  » mais qui pourrait tout aussi tenir du miracle, compte tenu de l’efficacité attendue d’elle, s’évertuera à transformer en actes concrets ce qu’il faut bien considérer pour le moment comme un catalogue de bonnes intentions déroulé par le nouveau chef de l’Etat.

C’est sur son bilan que se jouera le succès ou l’échec de la transition.

Saouti HAIDARA

Source: l’Indépendant