mar. Sep 21st, 2021

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Pour assassinat d’un aliéné mental à Missalabougou: Cinq personnes condamnées à 10 ans de réclusion criminelle

La Cour d’assises, dans son rôle d’hier, lundi, s’est penchée sur l’affaire ministère public contre Drissa Samaké, Noumouké Samaké, Oumar Samaké dit  »Drissa ka Oumar », Oumar Samaké dit  »Karim ka Oumar » et Oumar Diarra jugés pour « assassinat » de Moussa Koné. A l’issue des débats, les accusés ont pris 10 ans de réclusion criminelle.

Les faits se sont déroulés, le jeudi 22 novembre 2018, à Missalabougou (cercle de Kati). Un aliéné mental, du nom de Moussa Koné, ayant échappé à la surveillance de son oncle, s’est introduit nuitamment au domicile du chef de village de Missalabougou, où les membres de la famille de ce dernier le prirent pour un voleur. A leur appel à l’aide, plusieurs personnes cernèrent Moussa Koné dans la rue, dans le but de le lyncher. Pris de panique, le jeune homme grimpa sur un arbre pour s’y refugier. C’est ainsi que Oumar Samaké fit un tir de sommation à l’aide d’un pistolet artisanal, ce qui obligea l’aliéné à descendre. Pour son malheur, puisqu’il sera battu à mort par les nommés Drissa Samaké, Noumouké Samaké, Oumar Samaké dit Drissa ka Oumar, Oumar Samaké dit Karim ka Oumar et Oumar Diarra, qui camoufleront son corps.

Plus tard, le corps sans vie de Moussa Koné sera retrouvé dans le champ d’Amadou Kané, non loin d’un marigot. Découverte dont seront informés l’oncle de la victime et la gendarmerie qui se répandra dans le village comme une traînée de poudre. Les enquêtes permettront ensuite de mettre la main sur les susnommés et de conduire à leur inculpation par le juge pour  » assassinat  » de Moussa Koné.

A la barre, les accusés se sont rejeté les responsabilités de l’assassinat du jeune homme. Mais, c’était peine perdue, au regard d’interrogatoires qu’ils ont subis tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur. A cet effet, le chef de village, constitué partie civile, a prouvé devant la Cour que les faits se sont déroulés dans la rue et non dans sa demeure.  » J’ai retrouvé la victime arrêtée à côté de mon tricycle. Après lui avoir demandé de quitter ma résidence, il est ressorti par la petite porte. C’est tout ce qui s’est passé chez moi « , a-t-il expliqué.

Selon l’iman du village, lui, a été sollicité par l’oncle de la victime pour rechercher Moussa Koné après sa disparition. Mais, les recherches ont été vaines. C’est par la suite qu’ils ont appris l’assassinat du jeune homme par une personne du village. Et, l’oncle de la victime écœuré a relaté les faits dans les détails pour accabler davantage les accusés devant la Cour.

Dans son réquisitoire, le Procureur a rappelé les circonstances du crime commis par les accusés au regard du plan orchestré pour faire disparaître le corps. Il a néanmoins reconnu deux personnes non coupables, suivant les explications qu’elles ont fournies à la Cour.

Quant à l’avocat de la défense, il a présenté ses condoléances à la famille du défunt. Avant d’ajouter que le parquet ne dispose aucunement de preuve contre les accusés. Ajoutant qu’il a fallu quelques jours pour que le corps soit retrouvé et qu’aucune autopsie n’a été faite pour déterminer la nature des coups portés contre la victime.

La Cour, dans sagesse, a infligé 10 ans de réclusion criminelle aux cinq accusés.

Oumar BARRY

Source : l’Indépendant