dim. Déc 5th, 2021

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1ère session ordinaire 2021 de la chambre criminelle du tribunal militaire de Bamako: Jugé pour  » viol  » :    le Maréchal de Logis-Chef (MLC) C condamné à 20 ans de réclusion criminelle

La 1ère session ordinaire du Tribunal militaire de la Justice a débuté, hier mercredi, dans ses locaux, à Darsalam, en Commune III du district de Bamako. Sur les trois dossiers inscrits au rôle de cette session, le jury a condamné un MLC à 20 ans de réclusion criminelle pour  » viol  » sur la femme d’un camarade de promotion.

Selon les informations de l’arrêt de renvoi, le Maréchal de Logis-Chef (MLC) H. W. D a été muté, courant 2011, à l’Escadron de Sélingué. D’où il a bénéficié d’un stage de formation de longue durée en Russie. Avant son départ, le MLC confia son épouse Hortense à son camarade de promotion AK.C. Investi de cette mission, ce dernier se mit à fréquenter assidument la famille de son camarade pour lui apporter son assistance.

C’est ainsi que, dans la nuit du 28 mars 2014, Mme Dembélé Hortense, à la demande de ses voisines du camp de Sélingué (Adia et Aminata, toutes deux Koné), a laissé sa porte ouverte.

Dans l’attente de la visite de ces deux amies (qui avaient pris l’habitude de venir tenir compagnie à celle dont le mari est parti pour un long stage), Mme Dembélé Hortense s’est allongée dans son salon puis s’est endormie. Elle a été réveillée, plus tard, par les attouchements du MLC AK.C. Malgré ses protestations, ce dernier referma la porte du salon et abusa de la dame. Après avoir subi l’outrage, la victime lui a assuré « de porter l’affaire à la Justice « , selon l’arrêt de renvoi.

Dans le box des accusés, AK. C a nié en bloc les faits à lui reprochés. En soutenant que Mme Dembélé lui a été confiée par son ami avant de partir en formation à l’étranger. Ils vivaient tous dans le camp militaire de Sélingué. La nuit des faits, informe-t-il, Mme Dembélé l’a appelé au téléphone pour venir chasser des chauves-souris dans sa chambre.  » A mon arrivée, la nuit des faits, j’ai trouvé qu’elle était allongée sur ses fauteuils marocains en robe courte. C’est par la suite que l’acte s’est produit », a-t-il dit. Avant d’exprimer ses regrets.

Pour la victime, Mme Dembélé Hortense, elle était à l’attente de ses amies du camp, qui devraient passer. C’est contre toute attente qu’elle a reçu la visite inopinée de MLC AK. C, qui s’est introduit chez elle, puisque la porte était déjà ouverte. Il m’a ensuite forcée à coucher avec lui. A la demande d’un juge pour quoi elle n’a pas appelé au secours, alors qu’elle vit dans un camp militaire, elle répondit que la nuit des faits, les militaires étaient partis pour une mission de renfort. Avant de déplorer que l’affaire du  » viol «  se soit répandue comme une traînée de poudre dans le camp, notamment au sein des camarades de promotion de son mari.

Dans son réquisitoire, le parquet a souligné que l’arrêt de renvoi comporte une dose de  » subjectivité  » puisque le sous-officier a nié tous les faits à lui reprochés malgré l’éclairage de la victime sur les circonstances exactes des faits. Avant d’ajouter que les éléments constitutifs du viol sont établis dans le dossier suivant les dispositions de l’article 226 du Code pénal. Ainsi, il a requis une peine de 10 ans.

La défense, assurée par Me Sangho, a souligné que les faits sont contradictoires au regard des propos de l’accusé et de ceux de la victime alors qu’il n’y a pas de témoin dans le dossier. Aux dires de l’avocat, les faits n’ont pas été prouvés puisqu’il manque l’expertise médicale de la victime, qui soutient qu’elle a toujours mal au poignet à cause de la violence exercée par son agresseur. Il a ainsi laissé entendre qu’il aurait compris que son client soit retenu dans les liens de l’adultère au lieu de  » viol « . Ainsi, il a plaidé pour le maintien de son client dans les liens de prévention en lui accordant une peine moins sévère.

A l’issue des débats, le tribunal a retenu l’accusé dans les liens de prévention de  » viol « , en infligeant 20 ans d’emprisonnement ferme au Maréchal Logis-Chef (MLC) AK. C. Il sera aussi dégradé et radié de l’effectif de l’armée. Il a toutefois trois jours pour se pourvoir en cassation, s’il n’est pas d’accord avec le verdict.

O.BARRY

Source: l’Indépendant