UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Imbroglio autour de la désignation du chef de quartier de Lafiabougou: Le quartier toujours orphelin d’un chef depuis quatre ans

Cela fait près de quatre ans que le flou existe au tour de la désignation du chef de quartier de Lafiabougou. Depuis le décès, en 2018 de l’ancien chef, El Hadj Birama Traoré, connu sous le nom de  » San Bourama « , le quartier est confronté à un bras de fer opposant des membres du conseil de quartier et le clan de Sinaly Traoré, fils du défunt chef.

 »cette situation n’a que trop perduré pour des raisons politiques et personnelles, et on est fatigué de cette histoire « , se lasse un habitant de ce vieux quartier de Bamako. En effet, le fils du défunt chef, Sinaly Traoré, pressenti pour succéder à son père, est vivement contesté par une partie du Conseil de quartier, qui exige le respect de la loi en vigueur en matière de nomination des chefs de quartier.

De l’autre côté, Bourama Tabouré, l’homme de confiance de feu  » San Bourama « , est soutenu par des membres du Conseil qui exigent de nouvelles élections. Contactée par nos soins, la mairie de la Commune IV indique que plusieurs consultations ont été menées par rapport à cette affaire et que les documents nécessaires ont été fournis au Gouvernorat du District.

Ainsi, il revient au Gouverneur de trancher entre les deux parties, conformément à un arrêté du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation du 5 juillet 2018, déterminant les modalités de nomination des chefs de village, de fraction et de quartier. En effet, cet arrêté stipule, en son article 5, que  » le chef de quartier est nommé par décision du représentant de l’Etat dans le district, après avis du Conseil communal concerné « .

Depuis des mois, le dossier dort dans les tiroirs du Gouverneur du District. Interrogé sur l’affaire, un expert des questions administratives et territoriales nous a confié que le mandat des conseillers communaux étant arrivé à terme, depuis l’année dernière, le traitement de l’affaire est suspendu pour l’instant. Selon ses explications, c’est sur la base de l’avis des conseillers que le Gouverneur prendra la décision de désignation.   » A l’heure actuelle, on ne peut pas nommer un chef de quartier, puisqu’il faut convier le collège des conseillers, dont le mandat est arrivé à terme. C’est pourquoi, nous envisageons de faire un plaidoyer pour la prorogation de leur mandat et dès que ce problème sera résolu, on pourra se concentrer sur la situation de Lafiabougou « , a-t-il indiqué.

Toutefois, notons qu’il urge pour le Gouvernorat du District de juguler ce contentieux, en prenant une décision définitive. D’autant plus que  » la situation actuelle du pays est très critique et il ne faudrait pas que ça se complique davantage par des guerres intestines et des jeux d’intérêt « , prévient Amadou Sissoko, un notable du quartier.

Rappelons que Lafiabougou, fondé en 1960, est l’un des plus vieux quartiers de Bamako. A l’époque, il a été octroyé aux personnes rapatriées du Sénégal avec l’éclatement de la Fédération du Mali. Tiémoko Faye, alors Caissier à l’Assemblée Nationale, fut la première notabilité du quartier, avant que  » San Bourama Traoré  » ne soit intronisé chef du quartier, quelques années après.

Moussa Bilaly Sidibé

Source: L’Indépendant

Copyright © L'indépendant 2020 | Newsphere by AF themes.