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Attaque à l’engin explosif improvisé contre un bus samedi dans la région de Mopti: Au moins 6 morts et de nombreux blessés

Les faits se sont produits, le samedi 19 mars dernier, aux environs de 15 heures, sur l’axe Konna-Sévaré, dans la région de Mopti. Un bus de la compagnie  » Nour Transport « , en provenance de Gao, a sauté sur un engin explosif improvisé (EEI), probablement une mine. Le bilan provisoire fait état d’au moins 6 morts et de nombreux blessés, dont certains dans un état grave.

Selon nos sources, l’explosion contre le bus est survenue entre Denga-Ouro et Takoulata, sur la route de Konna-Sévaré. Le bilan fait état d’au moins six morts, mais il peut évoluer à tout moment, au regard de l’état grave de certains blessés. A noter que, parmi ces derniers, nombreux sont ceux qui ont été évacués à l’Hôpital Sominé Dolo de Sévaré. La déflagration a été si violente que le bus a été projeté à des dizaines de mètres du lieu de l’explosion. La promptitude de l’intervention des éléments de la Protection civile a fait éviter le pire, notamment pour certains passagers, coincés dans le bus.

S’agissant des raisons invoquées, certains évoquent l’état de délabrement avancé de cet axe routier, qui le rend favorable à la pose de mine, alors que d’autres déplorent la rareté des patrouilles militaires. Il y en a aussi qui pointent du doigt l’absence de stratégie pour la sécurisation de certains axe routiers, notamment au Nord et au Centre du pays où sévissent des hommes armés, aux motivations diverses. En tout état de cause, les populations de ces zones ont très souvent demandé davantage de sécurisation de ces zones ainsi qu’une présence beaucoup plus forte de l’Etat et de ses services.

Rappelons que ces derniers temps, de plus en plus de victimes sont enregistrées à cause des engins explosifs improvisés (EEI) dans ces zones. Parfois, ces attaques font des dizaines de morts parmi les civils.

Signalons qu’au Mali, la menace liée à l’engin explosif improvisé (EEI) est devenue une réalité, depuis quelques années. En 2019, le Mali faisait partie des cinq Etats ayant le plus déploré de victimes (345), derrière l’Afghanistan, qui a recensé1538 morts. Notre pays a la particularité de connaître une dissémination d’engins explosifs improvisés (IED) sur les routes, visant essentiellement la destruction de véhicules, qu’il s’agisse de bus transportant des villageois ou de convois militaires des forces étrangères, stationnées dans le pays.

En 2020, le nombre de victimes d’engins explosifs improvisés ou mines (EEI/mines) faisait état de 76 personnes tuées et 287 blessées. Plus de la moitié des victimes sont civiles. Le Centre du pays, notamment les régions de Mopti et une partie de Ségou, est le plus touché par cette situation. En plus de représenter une menace pour la vie des civils, le risque explosif entrave l’acheminement de l’aide humanitaire, l’accès aux moyens de subsistance et la reprise des activités économiques ainsi que le retour des réfugiés et des personnes déplacées. L’utilisation d’engins explosifs improvisés par les auteurs de violences au Mali affecte également les efforts de stabilisation.

Massiré DIOP

Source: L’Indépendant

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