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Port du casque pour conducteurs des engins à deux et trois roues: Il faut d’abord s’attaquer aux causes des accidents

La décision des autorités en charge du Transport dans notre pays d’exiger le port du casque aux conducteurs des engins à deux et trois roues fait couler beaucoup de salive, aujourd’hui. La décision est vraiment salutaire ; il faut commencer quelque part et par quelque chose. Donc, il y a lieu de féliciter et d’encourager le ministère en charge du Transport et ses services rattachés.

Toutefois, l’application de cette décision ne fera pas que du bien, car, dans certaines familles, les finances ne vont pas suffire pour se conformer à la décision, vu le nombre de casques à acheter, alors que leur prix a déjà pris l’ascenseur.

Au-delà de tout cela, à mon avis, l’approche devrait être toute autre. Ici, nous nous attaquons aux conséquences d’un mal ; alors que pour éradiquer un mal quelconque, il faut s’attaquer à sa cause. La cause ici c’est l’incivisme sur la route, la méconnaissance et/ou le non-respect du Code de la route, ce qui augmente le nombre d’accidents. Certes, le port du casque est un élément important du code de la route, mais il ne résout pas le problème, car, le casque ne protège que la tête. Il faut noter que les jambes, les bras et le dos (non protégés) sont aussi des parties importantes du corps. La seule solution est le respect strict du Code de la route ; ainsi, le nombre d’accidents va considérablement diminuer. Pour que cela soit, il faut rigoureusement réprimer les comportements contraires à la loi.  Regardons un peu ce qui se passe sur nos routes et qu’on voit rarement ailleurs :

–        La circulation à gauche est devenue la règle,

–        La circulation à contre-courant,

–        La circulation en sens interdit ;

–        L’excès de vitesse,

–        La violation des feux tricolores,

–        La conduite en état d’ivresse,

–        Les actes dangereux (roues-avant des motos soulevées sur la voie publique), mettant tout le monde en insécurité,

–        Des conducteurs de Motos-taxi qui embarquent 2-3 adultes à la fois,

–        Le remplacement de pneus crevés au beau milieu de la chaussée,

–        L’occupation des voies par  les revendeurs, qui détruisent le goudron en l’arrosant à tout moment,

–      L’occupation des voies par des réparateurs auto-motos qui déversent de l’huile sur la chaussée,

–      Les autoroutes qui sont de plus en plus transformées en champ hippique par les propriétaires de chevaux (surtout, à Bamako)

–      Les cars de transport interurbain roulant avec les portières ouvertes, qui renversent, très souvent, les motocyclistes.

Et tout cela se passe au vu et au su des agents de la Police routière, qui, apparemment, n’y voient rien d’anormal, et ferment les yeux là-dessus.

Propositions pour améliorer la situation

  1. Former de façon adéquate les agents de la Police routière au Code de la route (car beaucoup d’entre eux sont dans le besoin) ;
  2. Doter cette police de moyens financiers, matériels, moraux et juridiques pour obliger les usagers au respect du Code de la route (globalement);
  3. Prendre des sanctions exemplaires contre tous les contrevenants

Ainsi le nombre d’accidents va beaucoup diminuer et le problème de traumatisme crânien, si cher à l’Autorité et d’autres seront résolus.

Dr. Sabaké T. DIARRA, Enseignant /Chercheur, tel. 78756606.

 

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