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Entre mendier ou voler… pour survivre: L’exposition  » Koungo Fitini  » dépeint les conditions pénibles des enfants de la rue à Bamako

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des Droits de l’Homme, célébrée chaque année le 10 décembre, une exposition photos dénommée  » Koungo Fitini  » (problème mineur) a été tenue au Musée du District de Bamako. Cette initiative, financée par l’Union Européenne, alerte  sur un phénomène majeur à Bamako. Celui de la situation dramatique des enfants de la rue, livrés à eux-mêmes.

Livrés à eux-mêmes et sans accès à l’éducation, ils sont nombreux les enfants vivant dans les rues de Bamako à mendier, voler, se prostituer… afin de pouvoir survivre.

C’est cette triste et révoltante réalité que l’artiste plasticien belge, Arnold Grojean, a étalée dans  » Koungo Fitini «  (Problème mineur). Un projet  financé par l’Union Européenne et dont l’exposition a eu lieu, samedi dernier, au Musée du District de Bamako.

C’était sous la présidence de l’Ambassadeur de l’Union Européenne au Mali Bart Ouvry. Il a placé l’évènement dans le cadre de la Journée internationale des Droits de l’Homme.  » Quand on parle de droits de l’homme, la première chose c’est d’aller vers ceux qui ont des droits, vers les enfants et leur demander de témoigner de leur vie. Et c’est ce qu’Arnold a fait. Il a capté les images des enfants, qui se sont mis en scène eux-mêmes. Et les témoignages qu’on voit dans certains extraits, collés au mur, sont très importants, parce qu’ils nous donnent une réalité que nous aussi, en tant que citoyens à Bamako, invitons à venir voir. Il est important de voir ces témoignages et de reconnaître la grande dignité de ces photos, qui montrent la réalité des rues de Bamako « .

Aux dires  d’Arnold Grojean, ce projet a été réalisé dans le district de Bamako, au cours de 3 voyages, entre avril 2013 et avril 2015. Il aborde la problématique des enfants des rues, phénomène croissant en Afrique de l’Ouest. Le projet se présente sous forme de 9 livrets et d’un lexique : 8 livrets contenant les images et les textes des enfants, 1 livret contenant des images et 1 lexique permettant de contextualiser la culture malienne et des définitions de termes utilisés par les enfants.  » Pour réaliser ces livrets, j’ai moi-même effectué la sélection des images et des témoignages. J’espère avoir été fidèle aux intentions des enfants « , a-t-il souligné.

Au cours de cette exposition, certains extraits étaient accrochés au mur, d’autres accompagnés par des témoignages de la situation de ces enfants de la rue. Il en ressort que ces enfants dans les rues de Bamako se livrent bien souvent à la mendicité, au vol, à la prostitution… pour survivre. Nombreux sont ceux qui s’adonnent à la prise de stupéfiants (joint, colle, drogue…). Cibles d’adultes véreux, ils sont très souvent victimes d’enlèvements.

Prenant la parole, le représentant du Samu social-Mali, Alou Coulibaly, s’est  réjoui de la réalisation de ce projet, qui lève le voile sur la situation des enfants de la rue à Bamako.  » Il est évident que notre structure a développé des cellules d’expertise dans ce qu’on peut considérer comme étant la fourniture de services directs aux enfants, mais en ce qui concerne la sensibilisation d’envergure pour faire en sorte que le phénomène soit bien connu et qu’il puisse mobiliser tous les acteurs, qui sont concernés par ce fléau, nous n’avons pas de grande capacité, c’est pour cette raison que cette exposition photo est pour nous une excellente initiative « , a-t-il indiqué.

Et de soutenir que ce projet est une opportunité pour sensibiliser tout le monde (les autorités, les acteurs, les leaders, les partenaires).  » Nous considérons que le silence, l’ignorance et la stigmatisation qui entourent ce phénomène doivent maintenant cesser « .

A noter que l’exposition  » Koungo Fitini  » se poursuivra jusqu’au 11 février 2023, au Musée du district de Bamako, à l’occasion de la Biennale de la Photographie Africaine / Rencontres de Bamako, festival OFF.

Sory Ibrahima COULIBALY

Source: l’Indépendant

 

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