UNE NATION QUI LIT EST UNE NATION QUI GAGNE

Polémique autour d’un établissement d’enseignement inachevé: Le baptême d’un lycée public de Bourem du nom d’une personnalité publique vivante suscite une vive contestation 

La décision récemment prise par le président de l’Autorité intérimaire du cercle de Bourem de baptiser le lycée public de la ville au nom de l’ancienne députée, Mme Haïdara Aïchata Cissé, est loin de faire l’unanimité. De plus en plus, des voix s’élèvent pour dénoncer une  » décision unilatérale « , prise sans concertation de toutes les sensibilités. C’est ainsi qu’un collectif regroupant de nombreux cadres du cercle s’est formé pour demander l’annulation pure et simple de cette décision.

Pour ce collectif, une décision comme celle-ci, engageant toutes les générations,  » ne saurait être prise à la légère « . C’est ainsi qu’il a interpellé les plus hautes autorités, dont le président de la Transition, le Premier ministre, le ministre de l’Administration territoriale et le Président du Conseil National de Transition (CNT). Les membres de ce collectif dénoncent une  » décision illégitime, qui risque d’entacher la nécessaire unité nationale, indispensable au projet de refondation du Mali « .

Selon ce regroupement, sa demande d' » annulation pure et simple  » de cette décision est motivée par le fait qu’elle ne fait pas l’unanimité. A son avis,  » l’espace scolaire, devant rester neutre, ne saurait être un enjeu politique « .

A ses dires, Mme Haïdara Aïchata Cissé a plusieurs fois été députée et est susceptible de se représenter pour les législatives prévues cette année. Le Collectif craint que cette situation ne soit exploitée pour régler des comptes politiques.

En plus de cette situation, il affirme que le rôle des Autorités intérimaires, tout comme les délégations spéciales, n’étant pas issues d’élection, devrait se résumer à la gestion des affaires courantes du cercle, en attendant la mise en place d’organes élus. Par ailleurs, le Collectif soutient aussi que c’est depuis Bamako, où se trouve le président de l’Autorité intérimaire, que cette décision a été prise.  Alors, qu’à le croire, pour prendre une telle décision, c’est le Préfet du cercle de Bourem qui devrait réunir toutes les sensibilités, comme cela a été le cas pour l’attribution du nom de Yana Maïga au Lycée de Gao, où le Chef de l’Exécutif local s’est concerté avec tout le monde.

Signalons que le proviseur du lycée a également adressé une lettre au Préfet du cercle de Bourem, pour exprimer toute sa désapprobation pour le choix du nom de baptême du lycée. Il ajoute même ne pas comprendre  » le baptême d’un lycée inachevé et inoccupé, qui manque de tout (électricité, enseignants, manuels scolaires, bibliothèque, espaces sportifs et de loisirs etc.) « . D’après lui, la procédure, consistant à tenir une assemblée générale, en présence des parents d’élèves, des membres du comité de gestion scolaire, n’a pas été respectée. Puisque, c’est une décision qui engage toutes les générations, il précise aussi qu’il serait judicieux d’attribuer le nom d’une personnalité ne faisant plus partie de ce monde et ayant joué un grand rôle dans le système scolaire du pays.

En tout état de cause, il est clair que cette affaire divise plus qu’elle n’unit. C’est une polémique qui risque de faire grand bruit, dans les jours à venir, si elle n’est pas tranchée par les autorités, notamment le département en charge de l’Education qui, pour l’instant, brille par son silence.

Massiré DIOP

Source: l’Indépendant

 

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